"Miraculé", Me Henrique Vannier a failli perdre la vie, il y a tout juste une semaine, après qu’un avocat lui a tiré dessus à plusieurs reprises.

Une semaine après s’être fait tirer dessus à plusieurs reprises, Me Henrique Vannier, le bâtonnier de Melun (Seine-et-Marne), est revenu sur son agression dans une interview accordée à RTL. Celui qui se dit aujourd’hui "miraculé" a expliqué avoir fait l’objet de menaces de mort récurrentes de la part de son agresseur, l’avocat Joseph Scipilliti. Alors quand sa secrétaire l’a informé jeudi que ce dernier, qui venait d’être suspendu pour trois ans, souhaitait le rencontrer, il s’est montré méfiant : "S'il vient dans une demi-heure, dans une demi-heure je suis mort".

Mais l’homme a finalement changé d’avis. "Je suis assez altruiste donc je finis par demander à ma secrétaire de l'appeler pour connaître le motif du rendez-vous. Elle me dit: 'Il souhaite se réinstaller'. Et sur ce motif futile, finalement, je lui dis: 'Pourquoi pas dans une demi-heure?'", a expliqué Henrique Vannier. Quand Joseph Scipilliti s’est présenté, le bâtonnier l’a donc fait entrer dans une pièce. Ce qu’il ignore, c’est que son agresseur a prémédité son geste. En effet, un document retrouvé plus tard par les enquêteurs dévoile clairement ses intentions.

"J'ai jeté un coup d'œil à mon téléphone, et quand j'ai relevé la tête, il pointait une arme à feu imposante droit sur mon cœur", a rapporté le bâtonnier. Celui-ci a alors tenté de désarmer son agresseur, sans succès. "J'ai essayé d'avancer vers lui, mais il a tiré une balle qui m'a plaqué au mur. Ensuite il a voulu m'achever en visant la tête, mais je me suis protégé avec le bras. La balle m'a traversé le biceps gauche, puis la gorge, et a sectionné ma jugulaire", a-t-il raconté.

"Je vois son visage changer. L'humain est revenu"

Grièvement blessé, il s’est effondré. Et tandis qu’il promet de l’achever, Joseph Scipilliti prend des cachets "afin de se donner le courage de retourner son arme dans la bouche". "Je lui ai demandé de m'épargner le visage, pour que mes enfants de 10 et 7 ans puissent me revoir une dernière fois", a ensuite révélé le bâtonnier. Et c'est à partir de ce moment-là que je vois son visage changer. L'humain est revenu. L'avocat a réussi à convaincre aussi peut-être et j'ai parlé de Jules et Théo. Je lui ai dit: 'Soit tu me laisses le visage, soit tu me laisses la vie', et il m'a laissé la vie".

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S’il a finalement épargné son collègue, l’avocat de 63 ans s’est donné la mort. Dans une lettre envoyée à plusieurs personnes, il a notamment affirmé être persécuté par l’institution judiciaire. Me Henrique Vannier a, lui, été opéré en urgence mais aujourd’hui il va bien : "J’ai huit orifices, mais aucune balle n’est restée dans le corps. Depuis (mardi), je suis debout, les gens sont surpris, j’ai récupéré ma voix, je suis en forme et j’ai le moral. C’est un second souffle, je le vis comme ça".

En vidéo sur le même thème - Christiane Taubira: "Nous continuons à conserver tous les espoirs" pour le bâtonnier de Melun 

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