Suite à une affiche le mettant en scène, Gérard Mulliez, le patron d’Auchan et troisième fortune de France, est allé se plaindre dans un local du Parti communiste de Lille ce samedi.

Ce samedi après-midi, Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan, s’est rendu à une réunion du conseil départemental des jeunes communistes au local du parti à Lille. Il a reproché l’utilisation de son image sur les affiches de la prochaine campagne du Parti communiste français, comme le rapporte La Voix du Nord.

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L’affiche en question, imprimée à 8000 exemplaires, représente Gérard Mulliez comme étant le profiteur de crise à la tête d’une fortune de 20 milliards d’euros. En opposition, se trouve la photo d’une ouvrière d’Auchan présentée comme une victime de la crise avec un salaire de 1500 euros par mois. Le but de cette campagne est de dénoncer les dividendes des actionnaires du groupe.

Pourtant bien connu dans le Nord où les premiers magasins ont été ouverts, les militants n’ont pas reconnu immédiatement le milliardaire, plutôt discret, lorsqu’il a franchi la porte du local du PCF.

"À votre âge j’avais déjà ouvert mon premier magasin"

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"Vous voyez l'affiche là-bas... Vous n'êtes pas très gentils avec moi", a déclaré le fondateur d’Auchan en pointant du doigt le document le représentant. Il a ensuite répliqué : "Je crée des emplois avec mes magasins". Ce à quoi un jeune militant a rétorqué : "Oui, mais les salariés vous permettent de verser des dividendes toujours plus grands aux actionnaires alors qu'ils sont étranglés et exploités". "C’est du charabia idéologique", a alors estimé Gérard Mulliez, allant même jusqu’à parler de "Lavage de cerveau". "À votre âge j’avais déjà ouvert mon premier magasin", a finalement conclu le milliardaire avant de sortir du local. Le fondateur d’Auchan, âgé de 83 ans, a ouvert son premier magasin en 1961.

Toutefois, le patriarche de la famille propriétaire du distributeur nordiste n’a pas évoqué un éventuel recours en justice pour interdire l’affiche.

Le lendemain, les Jeunes communistes ont invité dans un communiqué de presse "monsieur Mulliez à venir débattre prochainement sur le coût du travail et le coût du capital".

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