Président de l’Inter- LGBT Montpellier, Vincent Autin sera l’un des premiers hommes à épouser son compagnon en France en juin prochain. Quelques jours après le vote définitif de la loi ouvrant le droit au mariage aux couples de même sexe et à seulement quelques semaines de son union avec Bruno, il se confie à Planet.

Planet : Comment avez-vous accueilli l’annonce du vote définitif de la loi autorisant le mariage aux couples homosexuels ?Vincent Autin : "Au moment de l’annonce, j’étais dans les locaux de l’association, posté devant un écran de télévision et entouré de militants. Nous avons bien évidemment accueilli cette nouvelle avec beaucoup de joie et d’émotion. C’était véritablement un moment historique. Le soir, nous avons d’ailleurs organisé un rassemblement mémorable sur la place de la Comédie. D’un point de vue plus personnel, je suis maintenant très impatient de dire ‘oui ‘ à mon compagnon, Bruno.

Planet : La ministre Najat Vallaud-Belkacem a déclaré, il y a quelques mois, que le premier mariage gay aurait lieu à Montpellier. S’agira-t-il du votre ?Vincent Autin : Personne ne peut vraiment le dire. Il y aura plein d’autres mariages, homos ou hétéros, le jour où Bruno et moi-même nous nous dirons ‘oui’. C’est justement ça le mariage pour tous. Nous ne sommes pas dans une course au tiercé. Je pense que la ministre voulait avant tout donner un visage à un symbole. Montpellier a en effet été élue la ville la plus ‘gay friendly’ de France par le magazine Têtu, le maire de cette commune est également très engagée contre l’homophobie et puis, au-delà de ces considérations symboliques, je pense qu’elle a évoqué une ville de région pour tenter de limiter le risque de débordements.

Planet : Votre mariage doit avoir lieu aussitôt après la promulgation de la loi. Où en sont les préparatifs ?Vincent Autin : Tout est absolument prêt ! Nous avons récemment assisté à notre dernière réunion à la mairie de Montpellier pour revoir le déroulé de la cérémonie. Celle-ci sera publique et citoyenne. Nous tenons bien évidement à ce qu’elle symbolise notre amour mais également toute la solidarité qui a permis cette union et donc, de faire avancer la France. Bruno et moi-même souhaitons vraiment que cette cérémonie soit une ‘cérémonie pour tous’. Elle sera donc ouverte à tous et un vin d’honneur citoyen sera organisé pour tous ceux qui auront fait le déplacement. Bien entendu, nous avons ensuite prévu un moment plus privé avec nos proches.

Planet : Frigide Barjot, la porte-parole des opposants au mariage pour tous, a récemment déclaré que, si elle était invitée à un mariage gay, elle s’y rendrait. Qu’en pensez-vous ? Allez-vous l’inviter au votre ?Vincent Autin : Il en est absolument hors de question ! Le seul mariage auquel elle pourrait être invitée, c’est celui du FN et de l’UMP. Cette femme, qui porte très bien son nom, a ouvert la boîte de Pandore de l’homophobie. Elle est dans la quête permanente d’exister et ne sait plus quoi inventer pour se rendre intéressante. Frigide Barjot est prête à toutes les déclarations pour faire parler d’elle.

Planet : Prévoyez-vous d’avoir des enfants avec votre futur époux ?Vincent Autin : Oui, nous y songeons depuis plusieurs années, avant même notre projet de mariage. C’est pour nous la suite logique de notre histoire. Pour cela, nous suivrons une procédure d’adoption.

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Planet : La question de la Procréation médicalement assistée (PMA) a été renvoyée à plus tard. Avez-vous bon espoir de la voir prochainement autorisée pour les couples homosexuels ?Vincent Autin : La PMA fait partie des combats que l’on va continuer à mener. Cette question ne concerne pas uniquement les couples gays mais également les femmes célibataires. Il est temps que la France prenne exemple sur ses voisins (Espagne et Belgique) !  Nous avons par ailleurs plein d’autres combats à mener. Après le mariage et l’adoption, il nous reste encore 39 revendications. Car, quand bien même certains pays ont ouvert le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels, les discriminations ont la dent dure. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a toujours les Gay Pride : c’est un bon moyen de lutter contre l’homophobie".

 

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