Marc Machin sera rejugé aux assises de Paris toute cette semaine. Après avoir passé sept ans en prison pour un meurtre qu’il n’avait pas commis, il pourrait ainsi être acquitté au terme d’un procès en révision.

Une affaire hors norme. Sept ans après avoir été condamné à la prison ferme pour un meurtre commis par un autre, Marc Machin est rejugé ce lundi par la cour d’assises de Paris. Ce procès qui doit durer jusqu’au 21 décembre pourrait ainsi marquer la fin d’une procédure de révision rare. Alors  qu’un autre homme, David Sagno,  a reconnu être l’auteur du crime et que la condamnation de March Machin a été annulée, ce dernier est en effet en passe de devenir la huitième personne, en France depuis la Second Guerre mondiale,  a être acquitté d’un crime à l’issue d’un procès en révision. "Il attend ça avec impatience", a indiqué son avocat, Louis Balling, avant de prévenir : "Il est très en colère et aura besoin de dire les choses avec véhémence."

"Un effet tunnel"A 19 ans, ce jeune homme qui passait son temps à boire et fumer du cannabis, et avait déjà à son casier des actes de violence et deux agressions sexuelles, avait avoué en garde à vue le meurtre de Marie-Agnès Bedot, une mère de famille de 45 ans tuée à coups de couteau au Pont de Neuilly le 1er décembre 2001. Et alors qu’il s’était par la suite rétracté et qu’aucune expertise ADN ne l’avait jamais confondu, il avait été condamné aux assises en 2004, puis en appel en 2005 à une peine de 18 ans de prison. Une autre femme avait pourtant été tuée avec un tesson de bouteille au même endroit, en mai 2002, alors qu'il était en détention provisoire, mais le juge d'instruction en charge de son affaire avait refusé de joindre les deux dossiers. "Il y a eu un effet tunnel", a estimé Me Louis Balling. "A partir du moment où les policiers et le juge d'instruction ont été convaincus que Marc Machin était l'auteur du crime, ils n'ont plus cherché ailleurs."

Publicité
Machin bientôt innocenté ?L’affaire a cependant connu un rebondissement de taille quand, en 2008, David Sagno, un SDF de 33 ans s’est présenté à la police et a non seulement avoué le meurtre de Marie-Agnès Bedos mais également celui d’une autre femme au Pont de Neuilly. En plus des nombreux détails qu’il a pu fournir aux enquêteurs, le sans-abri a été confondu par son ADN jusque sous les ongles de l’une des victimes. Suite à ces aveux, David Sagno a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en 2012. De son côté, Marc Machin est sorti de prison en 2008. En avril 2010, la Cour de révision a même annulé sa condamnation. Elle a cependant estimé ne pas être "en possession de l'intégralité des éléments lui permettant de déclarer (son) innocence" et a ordonné un nouveau procès.Il a appris la nouvelle en prison, étant à cette époque de nouveau incarcéré, pour trois agressions sexuelles. Libéré il y a quelques semaines, il comparaîtra libre à partir de lundi.

 

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour : 

Publicité