A la tête de la CGT depuis à peine un an, le leader syndicaliste est en train de se faire un nom dans la lutte qui l’oppose au gouvernement pour le retrait de la loi Travail.

En quelques mois, Philippe Martinez a su se faire un nom. En devenant le 3 février 2015 le nouveau patron de la Confédération générale du travail (CGT), l’homme de 55 ans est entré en lutte contre le gouvernement socialiste.

Philippe Martinez a commencé sa carrière comme technicien de la métallurgie, au début des années 1982, dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Longtemps militant au Parti communiste (PC), jusqu’en 2002, l’homme est issu d’une famille de militants, immigrés espagnols. "C'est un homme qui connaît le monde de l'entreprise pour y avoir travaillé, ce qui n'est pas le cas de tous les leaders syndicaux, loin de là", souligne au Figaro un de ses interlocuteurs de l'époque.

Inconnu mais populaire à la base

En janvier 2015, alors inconnu du grand public, il entre dans la bataille pour succéder à Thierry Lepaon, qui vient de démissionner suite aux révélations dans la presse de dépenses pharamineuses pour rénover son appartement de fonction. Contre toute attente, Philippe Martinez est élu en février 2005 secrétaire général de la CGT, non sans avoir bénéficié de l’aide opportune de sa femme, Nathalie Gamiochipi, qui, à la tête de la fédération CGT Santé, lui a apporté les voix nécessaires.

Mais l’homme est surtout un redoutable tacticien, proche de la base. Pour obtenir son poste, "ce grand bosseur a sillonné la France pendant un an, allant à la rencontre des sections locales. Ce qui lui a valu une popularité certaine parmi ses troupes", écrit le Figaro.

Un leader syndicaliste très ancré à gauche

L’homme est réputé pour être sur une ligne radicale, mais tout en étant ouvert au dialogue social. Le leader syndicaliste est, il est vrai, très ancré à gauche, par conviction, mais aussi par nécessité. "Depuis quelques années, l'ultra-gauche monte en puissance au sein du premier syndicat français, au point d'en représenter un quart à un tiers des militants, contre 10 % auparavant", note le quotidien libéral. 

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Reste que Philippe Martinez est bien décidé à faire plier le gouvernement sur la question de la loi Travail. Ce dernier demande le retrait du texte, et rien d’autre. Partout en France, le plan de bataille de la CGT se met en place : grèves dans divers secteurs stratégiques (transports, nucléaires, etc.), blocages de dépôts et raffineries de pétrole, manifestations… Philippe Martinez et les cégétistes sont bien décidés à paralyser le pays pour faire plier l’exécutif. De son côté, Manuel Valls espère que le mouvement s’essoufflera avant que ne débute l’Euro de football, le 10 juin prochain. 

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