Logements étudiants : moisissures, insalubrité, dégâts des eaux, une étude tire la sonnette d’alarme
Une étude qui dresse un constat préoccupant. Ce mardi 24 février, l’enquête logement étudiant 2026 réalisée par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) met en lumière une réalité « alarmante » concernant la situation des étudiants français. Selon l’enquête, un étudiant sur trois se dit en situation de mal-logement. Concrètement, cela signifie être confronté à des moisissures (18,3 %), à la présence de nuisibles (13,3 %), à des dégâts des eaux (16,5 %) ou à des matériaux dangereux.
Problèmes d’isolation des logements, absence de connexion internet stable …
Des conditions de vie déplorées par le syndicat étudiant. « Au-delà de l'inconfort, ces conditions portent atteinte à la santé et à l'avenir des étudiants », avertit la Fage. Sa présidente Suzanne Nijdam a évoqué ce mardi 24 février à nos confrères de Franceinfo un mal-logement des étudiants qui n’est « plus une exception mais une réalité massive ».
En outre, ils font face à de nombreuses autres difficultés au quotidien. Par exemple, plus de quatre étudiants sur 10 (41,5 %) habitent des « logements présentant d’importants problèmes thermiques sans réponse adaptée ». Environ 35 % des étudiants sont confrontés à des problèmes sonores.
Près d’un tiers d’entre eux ne possèdent pas de connexion internet stable. Une situation délétère qui complexifie l’accès aux cours en ligne et aggrave les disparités, indique la Fage. Des conditions qui ne sont pas sans conséquences sur leur train de vie. Environ un quart des étudiants affirment ne pas réussir à travailler au calme chez eux (25,2 %).
Une précarité financière
Les étudiants se heurtent également à des difficultés importantes sur le plan financier. 22,3 % des étudiants affirment vivre avec moins de 100 euros par mois « après avoir payé uniquement leur loyer ». 52,2 % avec moins de 200 euros.
« On ne parle plus de précarité étudiante mais bien de pauvreté étudiante », s’inquiète la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). « Les logements coûtent trop cher et ne sont pas du tout adaptés aux réalités étudiantes », explique Suzanne Nijdam, présidente de la Fage. Menée auprès de 5 644 étudiants en janvier et février, cette enquête révèle que le loyer moyen pour un étudiant coûte 491 euros et 712 euros à Paris.
Des montants élevés qui engloutissent la moitié de leur budget. Un étudiant sur deux affirme travailler à côté de ses études pour pouvoir payer son logement. Pour Suzanne Nijdam, cette précarité financière affecte la scolarité des étudiants. « En plus de la santé physique et mentale, la qualité des études est remise en cause », analyse-t-elle. « On le martèle depuis des années, la précarité, c’est vraiment le premier facteur de l’échec académique », poursuit-elle.
Pour lutter contre la précarité étudiante, la Fage propose un arsenal global de mesures, parmi lesquelles, une augmentation massive de l’offre de logements sociaux étudiants, la régulation accrue du parc privé notamment via l’encadrement des loyers, la réforme du calcul des bourses ou encore le renforcement de l’accompagnement social.