Un complice d'Amédy Coulibaly, identifié peu après les attentats du début d'année et surveillé depuis par les enquêteurs, est aussi l'amant d'une gendarme.

Suite aux événements de début janvier, les services de renseignements avaient identifié un certain Amar R, proche d'Amédy Coulibaly. Le complice est dès lors pris en filature, une surveillance qui va déboucher sur la découverte d'une relation amoureuse que l'homme entretient avec une gendarme. Un récit pour le moins curieux que dévoile Le Canard Enchaîné dans son numéro du mercredi 4 février.

Amar R, immédiatement dans le radar du renseignementUne fois Amédy Coulibaly identifié, les services de renseignements se sont attelés au décryptage de son "environnement". Le but ? Chercher d'éventuels complices, voire même un réseau de terroristes. Grâce à l'étude des relevés téléphoniques du meurtrier, le nom d'Amar R se distingue. Proche du terroriste, il est soupçonné de trafic d'armes, a été vu en compagnie d'Amédy Coulibaly peu avant les attentats et avait tenté, avec le malfaiteur, d'échanger une voiture contre des armes au mois de décembre. Il fait immédiatement l'objet d'un mandat d'arrêt européen. Les policiers décident alors de le suivre au lieu de l'arrêter, dans l'espoir qu'il les mène à quelque chose de plus grave.

Un amour controverséLa filature débouche finalement sur une découverte étonnante : le complice est en couple avec une gendarme. En effet, c'est en suivant la voiture de la femme qui accompagnait Amar R que les policiers sont arrivés à la gendarmerie nationale de Rosny-sous-Bois. Fait marquant, le couple entre aisément dans l'enceinte, l'homme se permet même d'y retourner seul le lendemain. Sur place, les allées et venues ne sont pas suspectes, la femme étant sous-officier dans... les renseignements.

Une tentative d'infiltration ?

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Face à cette découverte, les policiers s'intéressent à la femme. Convertie à l'islam deux ans auparavant, elle ôte son képi pour le remplacer par le voile en dehors de ses fonctions. Se pose alors la question d'une possible infiltration. "Nous n'avons pas constaté chez elle de radicalisation", assure un haut responsable de la gendarmerie au Canard Enchaîné. La police judiciaire continue actuellement son enquête, et a d'ailleurs arrêté Amar R. Un autre gendarme a quant à lui affirmé à l'hebdomadaire : "la gendarmerie prend très au sérieux les risques d'infiltration". On s'étonnera tout de même qu'un homme faisant l'objet d'un mandat d'arrêt européen soit parvenu à entrer dans l'établissement.

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