Le fondateur de l’association "l’Ecole en bateau" et trois de ses équipiers sont jugés à partir de ce mardi pour des viols qu’ils auraient commis sur plusieurs enfants qui ont participé à leur projet d’éducation alternative dans les années 1980.

Le bateau prend l’eau. Le procès de L’Ecole en bateau s’ouvre ce mardi devant la cour d’assises des mineurs de Paris. Le fondateur de l’association, Léonide Kameneff, 76 ans, et trois de ses équipiers sont en effet accusés d’avoir commis des viols et agressions sexuelles sur plusieurs des enfants qui ont embarqué à bord de leur projet d’éducation alternative. Lancé en 1969 par un ancien psychothérapeute pour enfants, ce projet de voiliers école voulait offrir aux jeunes un apprentissage intellectuel, physique et affectif différent de ce qui est d’ordinaire enseigné dans les établissements scolaires. En tout, plus de 400 enfants ont participé à des voyages de plusieurs mois, voire plusieurs années.

Il "nous a utilisés comme ses jouets"Alors que plusieurs anciens participants ont porté plainte contre le fondateur du projet et trois de ses équipiers pour abus sexuels, l’un de ces derniers – âgé de 39 ans aujourd’hui et de 17 ans au moment des faits – affirme avoir, lui aussi, été violé à bord du voilier. Il s’est d’ailleurs constitué partie civile. Plusieurs autres plaintes ont, quant à elle, été jugées prescrites. Les débats qui vont avoir lieu en ce premier jour de procès devraient débuter par la confrontation de la parole de dix adultes – âgés entre 33 et 46 ans – qui dénoncent l’emprise sexuelle et psychologique qu’exerçaient sur eux les anciens animateurs de cette aventure en mer. Le principe de la publicité restreinte des débats devant les assises pour mineurs pourrait être levé au profit d'une audience publique si une demande est formée en ce sens. Cette question sera tranchée mardi.

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Figurant parmi les instigateurs de cette procédure, Marie Rigod a confié être "tranquille". Elle a par ailleurs indiqué être "clairement consciente que nous (ndlr : les plaignants) avons été victimes d’un homme qui a voulu réaliser un rêve et nous a utilisés comme ses jouets". De son côté, Léonide Kameneff a estimé que "la société a énormément change. Les choses qui paraissaient normales à l’époque, éducatives, sont regardées aujourd’hui avec suspicion". Malgré tout, l’accusé maintien que "l’expérience aura été belle".

 

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