Trente-trois ans après la mort de leur petit Grégory, et malgré les épreuves qu’ils ont dû surmonter, Christine et Jean-Marie Villemin sont toujours ensemble et sont même à la tête d’une famille nombreuse. Découvrez comment ils ont réussi à se reconstruire.

Ils ont vécu l’insupportable : perdre un enfant. En 1984, Christine et Jean-Marie Villemin ont perdu Grégory, leur fils de quatre ans. Le corps du petit garçon a été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. Une perte incommensurable que les lettres d’un mystérieux corbeau sont ensuite venues aggraver. Puis, il y a eu l’instruction très critiquée du juge Lambert, les accusations portées à l’encontre de la mère de famille, la tentative de suicide qu’elles ont entraînée avant qu’elle ne soit finalement blanchie en 1986, et aussi la détention du père, inculpé pour avoir tué son cousin Bernard Laroche qu’il pensait être l’auteur du meurtre de son fils. Récemment, et en l’espace de quelques semaines seulement, l’affaire a connu plusieurs rebondissements. Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche a en effet été mise en examen pour enlèvement d’un mineur de moins de quinze ans suivi de mort, et Jean-Michel Lambert, le tout premier juge d’instruction en charge de l’affaire a été retrouvé mort chez lui. De nouveaux éléments qui promettent, une fois encore, de raviver de douloureux souvenirs chez les Villemin.

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"C'est un couple fusionnel qui, trente ans après, se tient toujours la main"

Pourtant, malgré les terribles épreuves qu’il a dû affronter, le couple Villemin est toujours aussi solide. Jamais en 33 ans, Christine ni Jean-Marie n’ont vacillé. Tous les deux sont toujours restés ensemble et soudés. Et c’est sans doute là la clé de leur capacité à surmonté l’inssuportable. "J'ai été frappé par leur dignité. J'étais face à des gens méthodiques, modérés, sans haine. Ils m'ont impressionné par leur solidité, leur lien. Ils parlaient en se regardant, comme si chacun détenait un morceau de la phrase. J'ai senti une grande estime entre eux", a confié à Elle, Jean-Marie Cavada, le journaliste qui les avait interrogés en 1994. Même constat du côté de leur avocate, Me Marie-Christine Chastant-Morand.  "Il émane d'eux une force qui ne s'est jamais démentie, explique-t-elle. C'est un couple fusionnel qui, trente ans après, se tient toujours la main. Leur proximité m'a frappée quand je les ai rencontrés en 1985. C'est la même aujourd'hui. Ce qui les a tenus ensemble ? Mais c'est cet amour si fort entre eux. Et leur quête de vérité. Ils n'ont jamais lâché. Tout au long de ces années, ils m'ont répété qu'ils le devaient à Grégory, mais aussi à leurs autres enfants nés après ce drame", a-t-elle confié au magazine.

Par ailleurs, pour se préverser du tapage médiatique qui a toujours entouré l’affaire, les parents de Grégory ont décidé de ne plus s’exprimer publiquement. Leur dernière interview remonte ainsi à 2006. Ce qui ne les empêche pas de suivre assidûment tout ce qui concerne l’affaire qui a bouleversé leurs vies. "Il y a quelques jours, Jean-Marie m'a dit qu'ils s'en remettaient à l'institution judiciaire et qu'ils étaient confiants dans le fait qu'elle aille jusqu'au bout", a raconté leur avocate à l’hebdomadaire féminin.

Christine et Jean-Marie Villemin ont eu trois autres enfants

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Aujourd’hui, Christine et Jean-Marie Villemin vivent dans l’Essonne, loin des Vosges où leur fils a été tué. Ils sont même devenus parents de trois autres enfants. "Trois enfants aujourd’hui adultes qui n’ignorent rien de la tragédie", écrit Elle qui précise que "les deux aînés ont quitté le nid. Julien, 32 ans, est opticien. Èmelyne, 27 ans, agrégée en sciences de la vie et de la terre à 22 ans, est enseignante. Simon, 19 ans, dont le prénom rend hommage au juge Simon - qui a succédé au juge Lambert, premier magistrat instructeur de l'affaire - est fou de sport".

En vidéo - Jean-Michel Lambert, le juge indissociable de l'affaire Grégory