Europe 1 a annoncé ce mercredi la suppression du redoublement. Enterré un peu trop tôt semble-t-il, car la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a démenti avoir pris une telle décision dans un communiqué.

Tout part d’un décret que Europe 1 a pu se procurer demandant spécifiquement aux directeurs d’établissements scolaires de ne plus prendre de décision concernant le redoublement, mais de laisser les familles faire le choix pour leurs enfants. De là à voir la suppression d’une pratique extrêmement coûteuse et peu efficace pour l’Éducation nationale, il n’y a qu’un pas que la ministre se refuse de faire.

Dans un communiqué, celle-ci "dément les informations selon lesquelles le redoublement serait abandonné à la rentrée prochaine". Le ministère a par ailleurs précisé que la loi du 8 juillet 2013 sur la refondation de l’École avait "fait du redoublement une procédure exceptionnelle". C’est sur cette notion d’"exception" que la ministre de l’Éducation souhaitait insister à travers ce texte. Le projet de décret, confirmé par nos confrères du Parisien, propose de modifier les pratiques liées au redoublement à partir de la rentrée 2015.

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La France : championne du monde du redoublement

Toutes les études faites sur le sujet expliquent que le redoublement est au mieux inefficace, sinon réellement inéquitable et destructeur pour l’élève.

Avec près d’un tiers des élèves seulement qui parviennent au bac sans avoir redoublé, la France est championne du monde du redoublement. Pour l’État, il s’agit d’un manque à gagner compris entre 1,5 milliard et 2 milliards d’euros, bien dispensable en ces temps de restriction budgétaire. Toujours selon Europe 1, l’aide aux élèves en difficulté devrait prendre une autre forme.

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La première piste évoquée serait le développement d’un enseignement en groupes restreints au sein de la classe pour un meilleur suivi de l’élève. Une autre solution envisageable serait la mise en place de cours de rattrapage l’été pour les plus nécessiteux. Face aux premières oppositions, Najat Vallaud-Belkacem va devoir faire preuve de patience et de pédagogie pour trouver le consensus qui réussira le plus aux élèves et aux caisses de l'État. Une partie qui ne semble pas gagnée d'avance.

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