En projet depuis plus de deux ans, une mine d’or pourrait voir le jour au cœur du Pays Basque. Au grand dam des associations et des élus locaux, un permis de recherche devrait ainsi être accordé d’ici la fin de l’année...

C’est une vision un peu surréaliste, presque d’un autre temps : celles d’hommes et de machines creusant la terre à la recherche de quelques grammes d’or. Une vision qui appartenait bel et bien au passé, en France en tout cas, jusqu’à ces derniers mois : la dernière mine du pays a fermé ses portes en 2004. Elle se trouvait à Salsigne, dans l’Aude, et ses résidus — notamment l’arsenic — ont durablement empoisonné terres et cours d’eau avoisinants. Il faudra sans doute des centaines d’années avant que toute trace de cette activité disparaisse ; de quoi, a priori, dissuader durablement de relancer l’activité minière.

Et pourtant, dans une relative discrétion, les gouvernements qui se sont succédé depuis quatre ans n’ont eu de cesse d’envisager sa reprise. Sous l’égide d’Arnaud Montebourg, d’abord, en 2013. Le ministre du Redressement productif lance un plan de relance de l’exploitation minière, confirmé par le ministre de l’Économie en 2015, Emmanuel Macron, qui commande tout de même un rapport sur l’aspect écologique d’une telle infrastructure. La conclusion de son rédacteur est sans appel : "la mine propre n’existe pas […] une mine a toujours un impact sur les populations, l’environnement ; elle transforme toujours un territoire".

L’avertissement n’échaude pourtant pas les pouvoirs publics. Sept permis dits "de recherche" sont ainsi accordés entre 2015 et 2017, préalables à l’établissement d’une mine d’or. Et d'autres sont déposés, dont l'un en plein cœur du Pays Basque : 130 km2 à cheval sur les appellations Ossau-Irraty et piment d’Espelette, au beau milieu d’une zone par ailleurs extrêmement touristique.

"Si les recours légaux échouent..."

"Franchement, attaquer le patrimoine naturel pour trouver des matières premières, est-ce un modèle d’avenir ?", s’indigne Nicolas Thierry, vice-président chargé de l’environnement au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. "Nos téléphones, nos déchets électriques, en regorgent, on ne pourrait pas plutôt les réutiliser ? Les compagnies minières ne sont pas les bienvenues dans notre région."

C’est même un euphémisme. Aucun élu local, d’aucune collectivité, ne soutient cette mine. "S’il le faut, j’irai m’allonger devant les bulldozers, mais ils ne passeront pas", prévient le maire d’une des communes concernées. Les associations, elles aussi, sont unanimes. La société Sudmine, qui a répondu à nos sollicitations en nous renvoyant vers un communiqué de presse, parle elle d’une "exploitation raisonnée."

"Mais ça n’existe pas, cela !" fulmine Martine Bouchet, romancière basque et porte-parole du collectif des associations environnementales locales. "L’argument de Sudmine, c’est de dire qu’elle n’utilise pas de produits chimiques extérieurs, mais il n’y a pas besoin de ça pour polluer. Les éléments naturellement contenus dans le sol sont libérés, lors de l’exploitation, et la terre est rendue impropre à la culture."

Publicité
Malgré toutes ces oppositions maintes fois réitérées, le Ministère de l’Économie pourrait donner son feu vert au permis d’ici la fin de l’année. "Ils peuvent le donner, de toute façon le projet ne se fera pas. Nous épuiserons tous les recours légaux possibles. Et s’ils échouent, nous passerons à d’autres moyens d’action", prévient un militant.

 

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour : 

mots-clés : Pays basque, Guerre

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité