Les ossements de deux nouveau-nés ont été retrouvés dans le fossé d’une ferme près de Mont-de-Marsan, dans les Landes. Une découverte apportant de nouveaux éléments à une sordide affaire d’infanticide. 

Des "gens très biens", parents d’enfants "très gentils", "polis", "bien habillés". Une famille nombreuse sans histoire, dont les proches "n’imaginaient pas que cela pouvait leur arriver". Tels sont les mots de l'avocat de cette mère de famille landaise de 28 ans, écrouée depuis décembre pour infanticide. Celle-ci avait alors avoué avoir laissé se noyer Nicolas, son nouveau né âgé d’à peine 24 heures, dans le lac d’Agès avoisinant une ferme de la ville de Saint-Loubouer, à une vingtaine de kilomètres de Mont-de-Marsan.

Inculpée pour "homicide d’ascendant sur mineur de moins de 15 ans", cette dernière faisait l’objet d’une enquête approfondie menée par la gendarmerie. Une enquête qui a débouché, le 3 février, sur la découverte d’ossements pouvant appartenir au petit Nicolas, né en septembre 2013, et à son potentiel aîné, né un an plus tôt. Autant de suppositions que l’autopsie à venir aura pour vœu de vérifier.

L’explosion d’une famille

Jamais déclarée, l’existence de ces deux enfants au destin tragique avait été communiquée par leur grand-mère. Cherchant à adopter le petit Nicolas que son fils lui avait avoué avoir abandonné, celle-ci s’était adressée aux services de protection de l’enfance, qui avait fait suivre aux autorités, signalant la disparition sans traces du nouveau-né. Placée en garde à vue au côté de son mari le 26 décembre, la mère a alors avoué alors son crime, que son conjoint ignorait, accusant alors un profond "choc émotionnel". Placée en détention provisoire, ses autres enfants de six, cinq et deux ans ont quant à eux été pris en charge par leur grand-mère.

La découverte macabre a provoqué des réactions à la chaîne : la grand-mère a également été placée en garde à vue, bien qu’aucune charge n’ait pour le moment été retenue contre elle. Le père, quant à lui, a été mis en examen et écroué pour "non-dénonciation et recel de cadavre."

"Détresse inouïe"

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Le couple, au chômage de longue durée et le père alcoolique, présentait de fréquentes difficultés à payer leur loyer. Autant d’éléments menant le procureur à invoquer la "misère sociale" comme facteurs direct de ce fait divers sordide. L’avocat de la mère a, lui, mis en avant la "détresse inouïe" de sa cliente, expliquant que "la conjonction de deux malheureux peut produire des cataclysmes". Le père avait déclaré, en décembre, lors de sa garde à vue, avoir décidé conjointement avec son épouse d’abandonner le nouveau-né, qu’il savait ne pas avoir les moyens d’élever. 

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