Pour relancer le débat sur les pratiques religieuses en entreprise, Jean-Luc Petithuguenin, le PDG de Paprec, société spécialisée dans le recyclage, a récemment décidé d’interdire le port de tous les signes religieux dans ses locaux. Une initiative encore jamais vue en France que ses 4 000 employés soutiennent.

©AFP

Une première en France. Militant de la laïcité et désireux de voir le débat sur les pratiques religieuses en entreprise relancé, Jean-Luc Petithuguenin n’a pas hésité à risquer de se mettre hors la loi pour faire entendre sa voix. A la tête de Paprec, une société spécialisée dans le recyclage et basée en Seine-Saint-Denis, il a en effet récemment décidé d’interdire le port de tous les signes religieux dans ses locaux. Un acte résolument militant que les quelque 4 000 employés de Paprec soutiennent. "J'applique le modèle qui prévaut dans la sphère publique et je l'applique à l'entreprise. J'applique le modèle de la République", a expliqué Jean-Luc Petithuguenin.

"Il est bien connu que je suis un militant antiraciste"Et alors que Paprec est régulièrement salué comme étant un modèle en terme de diversité et de promotion sociale – notamment d’employés d’origine étrangère – son PDG se défend d'être raciste et assume parfaitement sa décision. "On compte défendre notre point de vue, défendre qu'on l'a voté tous ensemble. Mais effectivement, on prend le risque que les tribunaux nous disent ‘vous avez tort’", a-t-il indiqué avant d’ajouter : "Je suis prêt à endosser ce risque et j'espère pour mon pays que je ne serai pas condamné, qu'on verra une évolution et que le législateur fera peut-être bouger les lignes". Et Jean-Luc Petithuguenin de souligner : "il est bien connu que je suis un militant antiraciste, pas un militant d'extrême droite".

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Contenant huit articles, le texte interdisant le port de tous les signes religieux dans les locaux de Paprec va officiellement être ajouté au règlement intérieur de l’entreprise ce mardi. Celui-ci reprend le "devoir de neutralité" religieuse ayant cours dans la sphère publique et prévoit que "le port de signes ou tenues par lesquels les collaborateurs manifestent ostensiblement une appartenance religieuse n'est pas autorisé".

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