Cela fait plusieurs semaines qu'à Sivens (Tarn), la mobilisation contre le barrage ne faiblit pas. Planet.fr revient en cinq chiffres sur ce chantier qui divise.

Cela fait plusieurs semaines que la situation autour du barrage de Sivens (Tarn) s’envenime. Dimanche, le corps sans vie de Rémi Fraisse a été retrouvé à l’issue d’une grande manifestation organisée samedi sur le site et qui s’est soldée par des affrontements avec les forces de l’ordre. Comment en est-on arrivé là ? En cinq chiffres, Planet.fr revient sur ce qu’il faut retenir de cette contestation.

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1.5 Million de m3

Un million cinq cent mille. C’est le nombre de mètres cubes d’eau sur le cours du Tescou (rivière affluente du Tard) que le barrage est censé stocker. Dans l’esprit du projet, il s’agit d’irriguer les exploitations agricoles à hauteur de 70% puis soutenir pendant l'été le débit du Tescou avec les 30% restants. Coût total du projet : 8,5 millions d’euros assortis de 360.000 euros par an en fonctionnement. Une somme trop élevée selon les écologistes qui déplorent également la dégradation par ce chantier de cette zone naturelle.

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19 exploitations agricoles

Les opposants estiment que ce faramineux projet ne profitera qu’à seulement 19 exploitations contre 81 comme l’annonce la chambre du commerce du Tarn. Une revue à la baisse qui va dans le sens du rapport publié à la demande du ministère de l’écologie lundi 27 octobre pointant une évaluation "contestable" des besoins "réels" d’irrigation. En outre, le rapport déplore le fait qu’il soit "regrettable que le coût d'investissement rapporté au volume stocké est élevé" et que d’autres options n’aient jamais été envisagées. Même si les résultats du rapport divergent de ceux des opposants au projet, il est clair que les retombées positives du barrage ont largement été surestimées à la base.

13 hectares

La surface de zones humides qui disparaîtra suite au chantier est estimée à 13 hectares. Toujours selon le rapport du ministère de l’écologie, "une quinzaine d'habitats différents" ont été constatés dans ces zones même si celles-ci n’ont pas "les qualités requises pour faire partie du réseau Natura 2000". Selon les opposants au barrage, ces zones abritent 94 espèces protégées et 353 espèces de plantes vasculaires.

21 ans

Rémi Fraisse était âgé de 21 ans lorsqu’il a trouvé la mort samedi soir sur le site de Sivens. Titulaire d’un BTS environnement, le jeune homme n’était pas connu pour être particulièrement violent. Ce dernier était botaniste bénévole auprès de l’association Nature Midi-Pyrénées, "pas connue pour être un repaire de boutefeux" indique Rue 89. Ses parents ont porté plainte ce mardi à Albi pour homicide involontaire. Selon les conclusions de l’autopsie, le jeune homme a été victime d’une explosion.

2000 opposants

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Le lieutenant-colonel Sylvien Renier, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, qui était présent sur les lieux évoque la présence de 2000 manifestants pacifiques samedi sur le site. C’était la première fois, depuis le début des rassemblements le 1er septembre, que la mobilisation était aussi importante. Selon le militaire, les choses se sont envenimées lorsque "100 à 150 anarchistes encagoulés" s’en sont pris aux forces de l’ordre. Avec les conséquences que l’on connaît.

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En imagesDécès de Rémi Fraisse : les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre en images

Affrontements à Nantes

À Nantes, quelques 600 personnes se sont rassemblées en fin de journée pour contester "la violence d’Etat". Plusieurs vitrines de banques ont été prises pour cibles par certains casseurs et les forces de l’ordre ont dû recourir au gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

La vitrine d'une banque brisée par des casseurs à Nantes

La police ne peut que constater les dégâts.

Bataille rangée à Albi

Des violences ont également été constatées à Albi où quasiment mille manifestants s’étaient réunis pour dénoncer la mort de Rémi Fraisse. "Rémi, Rémi, on ne t'oublie pas" scandaient les militants avant que cela ne dégénère. En effet, des affrontements ont eu lieux entre des manifestants et les CRS. Jets de pavés pour les uns contre gaz lacrymogène pou...

CRS contre manifestants

C'est à Albi que les heurts ont été les plus violents, mais aux alentours de 19 heures, la situation est revenue au calme dans le centre ville.

Les CRS prêts à intervenir

Sur ce cliché, on peut deviner le volume du gaz lacrymogène dans l'air. Nous sommes toujours à Albi.

Un manifestant renvoie une grenade lacrymogène

Une façon particulière de renvoyer un projectile.

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