Après la diffusion le 1er novembre d'une chronique dans laquelle elle dénonçait une campagne de cyberharcèlement, la journaliste Nadia Daam est désormais en proie à des menaces de mort. De nombreux consœurs et confrères ont signé une tribune pour la soutenir. 

Ariane Chemin (Le Monde), Edwy Plenel (Mediapart), Elisabeth Quin (Arte), ou encore Alex Vizorek (France Inter)... Ils sont tous journalistes et, comme une centaine de consœurs et de confrères, ils ont choisi de co-signer une tribune pour témoigner leur soutien à Nadia Daam, cette chroniqueuse qui fait l’objet de menaces depuis quelques jours.

En cause, l'une de ses chroniques justement diffusée le 1er novembre dernier dans l'émission "Europe 1 Matin". La jeune femme y dénonçait les agissements d’internautes anonymes et malveillants, responsables de la suspension du numéro de téléphone anti-relou. Ce fameux numéro créé en vue de décourager les auteurs de harcèlement sexuel. Seulement voilà, au-lendemain de son intervention, la journaliste a fait l'objet de quantité de menaces au point de devoir porter plainte. Sur son site Internet, Europe 1 a annoncé avoir déposé plainte à son tour "pour menace de crime contre les personnes".

"Menaces de mort, menaces de viol, menaces sur son enfant..."

Publiée vendredi 3 novembre, la tribune précise la nature de ces tentatives d'intimidation qui ne sont autres que des "attaques contre ses comptes électroniques, injures pornographiques, menaces de mort, menaces de viol, menaces sur son enfant, tentative d’intrusion à son domicile au milieu de la nuit". Mais la centaine de journalistes signataires de la tribune tient à la préciser : "Nous, femmes et hommes, consœurs et confrères de Nadia Daam, et pour certains ses amies et amis, voulons simplement dire aux brutes qui la persécutent qu’elle n’est pas seule, que nous pensons, comme elle, qu’ils sont des êtres lâches, minables et méprisables, et que nous attendons patiemment, mais avec confiance, que la justice et la communauté même du web les mettent hors d’état de nuire. Et s’ils veulent frapper la nuit à nos portes, nous sommes nombreux".

Pourquoi tant de haine ?

Dans sa chronique, Nadia Daam épinglait notamment les membres d'un forum : Blabla 18-25 qui échangent sur le site Jeuxvideo.com. "Un forum", a-t-elle précisé à l'antenne "qui, comme son nom ne l’indique pas, ne traite pas tellement de jeux vidéo, n’est pas vraiment alimenté par des personnes âgées de 18 à 25 ans", mais s'avère, "animé par des gens dont la maturité cérébrale n’a visiblement pas dépassé le stade embryonnaire". Qualifiant ce forum de "poubelle à déchets non recyclables d’Internet", la chroniqueuse a, ensuite, tenu à préciser que les participants s'était fixé pour ligne de conduite de "harceler, menacer et décourager la moindre initiative féministe" pour dénoncer "le raid" mené contre la campagne anti-relou.

"Premier réseau social chez les jeunes"

Interpellé sur la mauvaise modération du site Jeuxvideo.com, propriété de Webedia, Cédric Page, Directeur général Gaming, a admis que cette saturation ne se révélait "pas très intelligente". Il a ensuite condamné ces agissements et précisé que si les membres de "cette communauté très activé y trouve un certain amusement... Nous condamnons évidemment ce qui relève de l’illégal, et nous collaborons très régulièrement avec la police... Je réfute l’idée selon laquelle il s’agirait d’un humour douteux propre à Jeuxvideo.com. Ce forum est le premier réseau social chez les jeunes en France, et ce qu’on y trouve est simplement l’expression de cette jeunesse".

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Insuffisant aux yeux de Nadia Daam qui lui reproche de de ne "jamais bouger le petit doigt" pour contrôler ces abus. Et pour cause, ce forum fait régulièrement l'objet de critiques à cause de campagnes de cyberharcèlement menées par des membres anonymes n'ayant aucun scrupule à faire circuler des propos haineux.

En vidéo - "Salope est l'insulte la plus entendue par les femmes dans la rue"

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