Je ne suis pas Charlie

Eh oui, je fais partie des 20% de Français qui refusent d'être Charlie ! Certes, j'ai participé à la marche du 11 janvier 2015, mais c'était pour affirmer que l'on n'achève pas les fous.

C'est un pilier du vivre ensemble républicain : cette réserve est indispensable, sinon, qui peut être sûr de survivre. Pour autant, il ne suffit pas de mourir en kamikaze pour devenir une référence.

Dès le 8 janvier 2015, j'ai déclaré que je n'étais pas Charlie. Dès le 9 janvier, j'ai affirmé que le slogan "Je suis Charlie" était un facteur de division. J'ai eu mal, le dimanche matin 11 janvier 2015, quand j'ai vu cette magnifique émission sur l'islam souillée par ce blasphème. J'ai souffert quand j'ai vu le fronton de l'Institut arabe pulvérisé par une roquette, fruit de l'orgueil, de l'ignorance et du mépris.

Car, si la laïcité à la française repose sur le respect de l'autre, Charlie en est aux antipodes. Un groupuscule qui prétend détruire au crayon ce que d'autres essaient d'abattre à la kalachnikov. Or, comme chacun sait, si on les cautionne, les écrits sont plus ravageurs que les armes : selon moi, les massacres du 13 novembre sont là pour le rappeler.

A ma connaissance, que j'espère incomplète, François Fillon est le seul leader ayant eu l'audace de susurrer, du bout des lèvres, que le slogan "Je suis Charlie" n'était peut-être pas bien choisi. Beaucoup se sont laissés piéger par cette devise, mais, ne nous y trompons pas, pour une partie de la gauche, c'est une bannière, un cri de ralliement.

En ce jour d'anniversaire, je maintiens mon affirmation essentielle : si j'étais musulman et si mon fils ou ma fille avait refusé de faire une minute de silence devant une banderole "Je suis Charlie", j'aurais été fier de mon enfant. Vous ne comprenez pas cela ? Enfin, merde, qu'est-ce qui vous reste dans les tripes ?

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