Vingt-quatre personnes avaient trouvé la mort le 15 avril 2005 dans l’incendie qui avait ravagé l’hôtel Paris-Opéra, où étaient logées des familles par le Samu social. Les gérants de l’établissement, le veilleur de nuit ainsi que sa petite amie comparaissent dès aujourd’hui devant la justice.

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Le drame a coûté la vie à 24 personnes, et 42 autres ont été blessées. Le 15 avril 2005, un incendie s’est déclaré au 76 rue de Provence dans le IXe arrondissement de Paris, à l’Hôtel Paris-Opéra, où étaient logées par des associations et le Samu social de nombreuses familles en difficulté ou sans papiers. Quatre personnes comparaissent dès aujourd’hui devant la justice pour homicides et blessures involontaires : le couple de gérants, leur fils qui faisait office de veilleur de nuit, ainsi que sa petite amie.

Les gens « se jetaient par les fenêtres »A leur arrivée sur les lieux, les pompiers sont témoins de scènes d’horreur. « Un véritable cauchemar », « une scène de guerre », « une pluie de corps »… Les morts sont forts, certains rapportant que des gens « se jetaient par les fenêtres » et « jetaient les enfants par les fenêtres » pour tenter d’échapper aux flammes. Il était aux environs d’une heure du matin lorsque l’incendie s’est déclaré. Les auditions menées par la juge d’instruction en charge du dossier ont établi que le feu aurait été causé par la petite amie du veilleur de nuit. Furieuse que celui-ci préfère boire avec les clients, elle aurait jeté à terre ses affaires et des vêtements seraient tombés sur des bougies.

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Le veilleur de nuit sous l’emprise de l’alcool et de la drogueLes flammes seraient donc parties de la salle à manger que le couple avait transformée en chambre. Le veilleur de nuit, qui avait consommé du whisky et de la cocaïne, n’aurait pas prévenu les secours et tenté d’éteindre lui-même l’incendie. C’est finalement un employé d’un hôtel voisin qui a donné l’alerte. Lorsque les pompiers arrivent sur place, la situation est devenue ingérable. Il leur faudra cinq heures pour venir à bout du brasier, et le bilan humain est lourd. Huit ans après, l’heure est à la justice. Le procès, qui devrait se tenir jusqu’au 22 novembre, doit permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes du drame. Pour les victimes, l’essentiel n’est pas d’obtenir une indemnisation, mais de comprendre et d’établir les responsabilités.

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