Le journaliste et militant homosexuel, Zak Ostmane, a été agressé et violé le week-end dernier par deux hommes à Marseille. Très amoché, il a raconté son calvaire.

À Marseille, un militant LGBT a été violemment agressé, ce week-end, par deux hommes dans un hôtel de la ville. Pendant 36 heures, il a été sequestré et torturé. Le journaliste freelance a raconté son calvaire au site Yagg.

Vendredi soir, il décide de se rendre au Polikarpov, un bar gay dans le centre de Marseille. Il s'éloigne de son verre puis revient quelques minutes plus tard. "Je reprends une gorgée et au bout de même pas dix minutes, j'ai la tête qui tourne, je me sens bizarre", a-t-il confié. Il suit ensuite un homme à l'extérieur du bar. "D'habitude, je suis très méfiant, je ne vais jamais chez quelqu'un comme ça. Et comme par hasard, ce soir-là, je l'ai suivi." Zak pense avoir été drogué. En se rendant à l'hôtel, un deuxième homme les rejoint.

Zak a été frappé à plusieurs reprises 

Zack Ostmane, journaliste freelance, est arrivé en France en 2014 car son orientation sexuelle le mettait en danger en Algérie. Il a créé l'association Shams qui a diffusé les photos de lui très amoché sur Facebook. D'après La Provence, les deux agresseurs sont des anciens militaires. L'un a fait partie de la Légion étrangère et le second est un déserteur du régiment d'infanterie de Nîmes.

Il fait part à Yagg du supplice qu'il a vécu dans cette chambre d'hôtel. "Rapidement, l'Américain est sorti, l'Anglais m'a proposé une bière, et il m'a frappé direct. J'ai visiblement eu un moment d'inconscience totale parce que quand je me suis réveillé, il était en train de me sodomiser", a-t-il expliqué.

"L'Américain a fini par revenir, mais son ami ne lui a pas dit ce qui venait de se passer. Il a exigé de l'argent. J'ai donné ma carte bleue, mais avec un faux code. Cela a été l'erreur de ma vie. L'Américain est revenu bredouille et, du coup, l'Anglais, qui prenait régulièrement de la coke et du whisky, m'a roué de coups de poing et de pied. Il a fini par déchirer les draps de l'un des lits et s'en est servi pour m'attacher, aux poignets et aux chevilles, à une chaise. Là, ils se sont servis de moi comme d'un punching-ball."

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Zak a été filmé par ses agresseurs 

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Zak raconte au journal La Provence que la scène a été filmée par ses agresseurs. "C'est peut-être ce qui m'a permis d'arrêter de recevoir des coups pendant quelques heures, parce que visiblement ils ont envoyé les vidéos à leurs copines, et l'une d'elle a gueulé et leur a dit d'arrêter." Lorsque Zak voit une voiture de police par la fenêtre, il crie. Elle intepelle ensuite les deux hommes. Pour le moment, ils restent en examen et seront poursuivis. Zak a confié à 20 minutes hésiter à "quitter Marseille" qu'il qualifie de "ville homophobe".

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