Cet hiver a été le plus chaud enregistré depuis plus d’un siècle. Des températures particulièrement élevées qui ont permis à un grand nombre de larves de survivre…

Vous avez apprécié les températures douces cet hiver ? Vous allez sans doute moins les apprécier cet été ! En effet, avec cette météo plutôt clémente lors des mois hivernaux, un nombre plus important de larves de moustiques a pu survivre, se préparant à muter pour la période estivale.

Dans le sud de la France, où les fortes chaleurs sont propices au développement de hordes de moustiques, on commence à se mettre en ordre de bataille. A Nice, une pétition a été initiée par des habitants qui dénoncent la prolifération de moustiques autour des eaux stagnantes d’un ancien canal, indique France 3 Côte d’Azur. Dans l’Hérault, on emploie les grands moyens pour démoustiquer : un avion et un quad sillonnent les environs de Montpellier et de la Grande-Motte pour y répandre un insecticide inoffensif pour l’homme.

Trois facteurs pour calculer la prolifération des moustiques

Mais si tout le monde s’agite dans le sud de la France, "la saison des moustiques n’a pas encore démarré", nous indique Stéphane Robert, le fondateur du site Vigilance-moustiques. "Certes, l’hiver a été très doux, et donc une grande quantité de larves a survécu, mais nous n’avons pas vu pour l’instant d’accélération particulière de cas par rapport aux autres années", précise-t-il. Pour calculer le début de la saison des moustiques, le site se base sur trois facteurs : les déclarations de cas, les températures enregistrées, et les indications de "pharmacies sentinelles".

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Cinq départements sous surveillance particulière

Pour qu’il y ait une prolifération de moustiques, il faut au moins que deux éléments s'enchaînent : un hiver particulièrement doux, et de fortes chaleurs en été conjuguées à un taux d’humidité important, accélérant ainsi le cycle des larves. Pour l’instant, le premier point est atteint, reste à savoir ce qu’il en sera pour cet été. "Il est encore difficile de prévoir ce qu’il adviendra cet été, car cela dépendra des températures estivales : en 2014, on avait eu aussi un hiver doux, mais l’été maussade avait ralenti la prolifération de moustiques. A l’inverse, en 2013, de fortes chaleurs en mai-juin avaient accéléré l’éclosion de moustiques."

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Pour l’instant, les équipes de Stéphane Robert ont les yeux particulièrement rivés sur 5 départements qui pourraient être les points de départ d’une invasion de moustiques : La Corrèze, la Haute-Vienne, les Alpes-de-Haute-Provence, le Tarn et le Tarn-et-Garonne. "Nous avons constatés que dans ces départements, les températures s’étaient réchauffées au point de pouvoir faire commencer le processus de métamorphose des larves en moustiques adultes. Celui-ci dure 10 jours maximum avec des températures supérieures à 25 ° C le jour et 15 ° C la nuit", explique Stéphane Robert avant de se montrer rassurant : "Ces départements ne sont pas tout à fait encore à ce niveau-là la nuit mais ils s’en rapprochent."

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