Dans "Fonctionnaires, et alors ?", Carol Knoll s’attache à démonter les convictions que nourrissent de nombreux Français à propos des salariés de la fonction publique. A l’aide de témoignages touchants et inattendus, elle promet de faire tomber certains clichés, même les plus récalcitrants !

Planet : En tant que fonctionnaire territoriale, dans quel but avez-vous écrit ce livre* ?Carol Knoll : "J’ai voulu montrer le grand décalage qui existe entre les clichés et la réalité qui entoure cette profession. Je me suis aussi rendu compte que parfois les gens utilisent des clichés sur les fonctionnaires alors même qu’ils n’en pensent pas un mot, simplement pas habitude. C’est très dommage ! L’actualité m’a également donné envie de faire la lumière sur ces métiers souvent décriés. Alors que la réforme territoriale fait débat, j’entends que cela va permettre de faire des économies grâce aux suppressions de postes qu’elle prévoit. Ce qui est faux. C’est la qualité du service qui va en pâtir ce qui, à mon sens, n’est pas une économie ! Il est important que les gens en prennent conscience.

Planet : Les fonctionnaires souffrent-ils des clichés dont ils sont victimes ?Carol Knoll : Souffrir est un peu trop fort. Personnellement, cela ne m’affecte pas. Mais sans doute est-ce parce que je suis haut fonctionnaire. Les choses sont certainement différentes pour les agents de base. J’en ai rencontrés plusieurs et beaucoup m’ont raconté que les repas de famille étaient souvent compliqués. Dans ces moments-là, les clichés fusent ! 'Toi tu as la sécurite de l'emploi' ou 'de toute façon, toi tu fais des petites journées', reviennent fréquemment. Mais plus généralement, je pense que ce qu’ils regrettent le plus c’est d’être cantonnés à une fonction.

On a tendance à oublier que derrière le mot "fonctionnaire" se cachent des hommes et des femmes, avec leur identité et leurs sentiments. Et au-delà de ça, leur métier n’est pas un long fleuve tranquille ! Ce sont des gens qui, pour la plupart, sont au contact direct de la population. Cela induit une certaine proximité mais également une prise de risques. Certains usagers sont parfois violents. Si l’on prend l’exemple des fonctionnaires de mairie, à l’accueil de certains hôtels de ville il y a maintenant des vigiles pour assurer la sécurité des employés !

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Planet : Qu’aimeriez-vous que l’on retienne du mot ‘fonctionnaire’ ? Carol Knoll : Derrière ce mot se cachent plusieurs qualités. Les fonctionnaires ont, entre autres, une réelle conscience professionnelle et n’hésitent pas à faire des heures supplémentaires ! Oui, oui !  Je me souviens d'ailleurs d'une anecdote : quand j’étais en formation à l’Ined à Strasbourg, une sorte d’ENA pour les fonctionnaires territoriaux, nous étions plusieurs à loger chez des sœurs. Nous avions plusieurs exercices de terrain à réaliser, aussi nous restions parfois le soir dans la salle commune pour travailler en groupe. Et alors que ces réunions de travail nous faisaient souvent veiller tard, voire très tard, un jour un monsieur qui logeait également chez les sœurs nous a demandé quel métier nous faisions. Quand nous lui avons dit, il a paru très surpris et nous a lâché : ‘Je ne pensais que les fonctionnaires pouvaient autant travailler !’ Et nous n’étions à l’époque qu’en formation !"

*Carol Knoll est l’auteure de Fonctionnaires et alors ? (ed. Eyrolles)

En vidéo sur le même thème : Pourquoi faut-il réduire les effectifs de la fonciton publique ?

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