Jean-Michel Fourgous, le maire UMP d’Elancourt (Yvelines), a récemment annoncé qu’il n’y aurait pas de feu d’artifice pour le 14 juillet cette année dans sa commune et ce, par souci d’économies. Planet a interrogé cet édile qui n’hésite pas à nager à contre-courant pour préserver les finances de sa ville.

Planet : Pourquoi avez-vous décidé d’annuler les festivités du 14 juillet dans votre commune ?Jean-Michel Fourgous : "Je viens du monde économique, pas du monde politique. En tant qu’ancien chef d’entreprise, j’ai une autre lecture de ce qui se passe actuellement en France. La situation du pays est grave. Et quand je vois la baisse des recettes fiscales de ma ville, l’augmentation du taux de chômage qui est le plus fort jamais enregistré dans toute l’histoire d’Elancourt, toutes les petites entreprises qui sont en difficultés et la hausse de 'l’impôt ville riche' que nous devons verser aux communes en difficultés comme Trappes ou la Verrière, je me dis qu’on ne peut décemment pas dépenser 50.000 euros pour seulement trois heures de festivités.

Planet : Comment allez-vous utiliser l’argent que vous ne dépenserez pas pour le 14 juillet ?Jean-Michel Fourgous : La commune va s’en servir pour renforcer les e-compétences (ndlr : compétences informatiques) des chômeurs afin de les aider à retrouver un emploi. Cette somme va également permettre de renforcer le modèle scolaire de la ville. Ce n’est pas la première fois que nous limitons les dépenses. Nous avons, entre autres, mis en place le non-renouvellement des postes après un départ, annulé des évènements en septembre et diminué les frais liés à la communication.

Planet : Comment la décision concernant le 14 juillet a-t-elle été accueillie par vos administrés ?Jean-Michel Fourgous : La plupart d’entre eux a compris ma décision. Nous avons récemment été classé ville la mieux gérée des Yvelines et ce n’est pas pour rien. Je pense que c’est rassurant pour eux de savoir que je cherche à protéger leur pouvoir d’achat en n’augmentant pas les impôts et en mettant l’accent sur l’emploi et l’éducation. Bien évidemment, les fêtards ne sont pas d’accord avec ma décision. Mais je leur ai répondu qu’on fera la fête quand la croissance reviendra. Je ne suis pas là pour séduire mes administrés mais pour les faire bien vivre et protéger l’économie de leur ville. Selon moi, anticiper c’est éviter de subir. C’est comme les musiciens qui ont continué à jouer sur le Titanic alors qu’il sombrait. Il y a un moment où il faut savoir arrêter la musique et dire : ‘maintenant ça suffit, on arrête de jouer, on met son gilet de sauvetage et on quitte le navire’.

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Planet : Et si l’année prochaine la situation ne s’améliore pas, envisagez-vous de prendre la même décision ?Jean-Michel Fourgous : Comme je pense que la question se reposera malheureusement l’année prochaine, j’envisage d’ores et déjà de demander aux six autres villes voisines d’organiser un seul et même feu d’artifice intercommunal. C’est même ce qui devrait être fait partout en France pour limiter les dépenses publiques. Quand je vois que ma commune doit reverser de l’argent à Trappes et à la Verrière et que celles-ci organisent ensuite deux feux d’artifices chacune, je me dis qu’il y a un sérieux problème. En somme, les villes sérieuses comme la mienne se privent et payent pour les villes fêtardes. C’est très agaçant !".  

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