Fermer la porte au cirque de la honte

L'Irlande ne voulait pas en entendre parler. Lorsque le cirque Belly Wein a pointé le bout de son nez à Dublin, des défenseurs des animaux se sont indignés, au point qu'une petite émeute s'est déclenchée. Six personnes ont été arrêtées au cours de cet affrontement et plusieurs ont été hospitalisées. Compte-tenu de tout ce que nous savons sur la vie misérable des animaux exploités dans les cirques, le refus des citoyens est à la fois compréhensible et prévisible. Un élu local l'a résumé ainsi : "Ce cirque doit s'en aller. Sa présence ne sert à personne ici".

L'Irlande ne voulait pas du cirque Belly Wein, et la France non plus.

Partout dans le monde, des cirques exhibant des animaux entendent ce message : vous n'êtes pas les bienvenus ici. Des pays comme le Mexique ou Malte ont promulgué l'interdiction des cirques détenant des animaux. L'Autriche, la Bolivie, la Colombie, l'Équateur, le Pérou et l'Iran ont fait de même. De nombreuses villes françaises ont aussi pris cette décision localement comme Ajaccio, Bagnolet, Creil, Montreuil et Roquebrune-sur-Argens. En 2016, la France devrait prendre cette décision au niveau national et rejoindre cette liste qui ne cesse de s'allonger.

Les cirques se donnent du mal pour cacher les coulisses de leur fond de commerce : des animaux battus jusqu'au sang, arrachés à leurs familles ou mourant dans la douleur. Les animaux exploités dans les cirques passent le plus clair de leur vie dans des cages ou enchaînés. Ils sont transportés d'un spectacle à l'autre et l'on attend d'eux qu'ils exécutent les mêmes tours avilissant, encore et encore. Sans la menace permanente d'une punition, les animaux ne produiraient jamais ces comportements qui leur sont totalement étrangers, comme se tenir sur la tête. Nombre d'entre eux tombent dans la dépression, deviennent malades ou développent des comportements obsessionnels en réaction stress.

Bien que les éléphants aient une intelligence vive et soient des animaux sociaux qui vivent au sein de troupeaux très soudés, le cirque Belly Wein les traite comme de vulgaires jouets gonflables. Tout ce qui a du sens dans la vie d'un éléphant, comme parcourir de longues distances, prendre des bains dans l'eau ou la terre et entretenir des liens sociaux avec d'autres éléphants, est impossible à satisfaire dans un cirque. Leur esprit est brisé par l'usage de la force et de la domination. Avec de lourds bâtons terminés d'un crochet métallique pointu, on leur impose la soumission et la terreur. Ils doivent apprendre à obéir s'ils veulent éviter la douleur.

Les chameaux et les chevaux sont des animaux grégaires qui, dans la nature, passeraient la majeure partie de leurs journées à brouter et à chercher de la nourriture. Leurs besoins comportementaux élémentaires ne peuvent être satisfaits dans un cirque.

Tout parent ou grand-parent qui achète des places pour emmener son petit au cirque soutient directement la souffrance des animaux. Chaque enfant repartant en pensant que faire souffrir les animaux est "amusant" y laisse une partie de son cœur. Mais à mesure que les gens découvrent ce que les animaux subissent dans les cirques itinérants, les familles sont de plus en plus nombreuses à tourner le dos aux cirques qui exploitent des animaux. La législation doit se conformer à ce mouvement.

Vous n'êtes pas obligé de déclencher une émeute pour objecter à la présence d'un cirque. Écrivez une lettre. Appelez vos élus. Lancez une discussion sur les réseaux sociaux. Organisez une manifestation. Rendez-vous sur PETAFrance.com pour en savoir plus.

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