Alors que la situation s'envenime autour de la contruction du barrage controversé de Sivens, le conseil général du Tarn a décidé de suspendre les travaux.

Vendredi 31 octobre, le conseil général du Tarn a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre la construction du barrage de Sivens. Pointant "l’impossibilité de poursuivre" les travaux, il ne s’agit en aucun cas d’un abandon pur et simple comme le réclament les écologistes et les manifestants sur place.

Lire aussi : La lutte contre le barrage de Sivens en cinq chiffres

Alors que la mort de Rémi Fraisse a fait basculer ce conflit local dans une dimension nationale dépassant les seules revendications écologiques de terrain, le dossier devient particulièrement sensible. Dès lors une question se pose : faut-il à tout prix poursuivre ce chantier controversé ? Tour d’horizon des "pour" et des "contre".

Pourquoi faudrait-il poursuivre ?

L’avis des agriculteurs locaux. Parmi les arguments en faveur de la poursuite de la construction, ceux exprimés par les paysans concernés par la retenue d’eau. L’un d’eux, interrogé par France TV Info, explique : "Nous avons besoin de cette digue car elle va permettre à nos vaches de boire, tout simplement". En effet, les besoins d’irrigation du Tescou en période estivale sont mis en avant par les agriculteurs de la zone. "Les années sans pluie peuvent menacer le rendement de mon exploitation et donc mes revenus" justifie un producteur céréalier toujours cité par nos confrères.

Lire aussi : Barrage de Sivens : des débordements après la mort de Rémi Fraisse

Un projet adopté en mai 2013. Autre argument en faveur des "pros" barrage : le projet a été voté au conseil général par les représentants du peuple. "Ce projet a traversé trois élections cantonales et a été adopté en mai 2013 par 43 conseillers généraux sur 46, de droite comme de gauche !" peste Jacques Valax, député PS et membre du conseil général. "Ce n’est pas cela la démocratie" a indiqué ce dernier auFigaroallant même jusqu’à menacer de démissionner de son poste de conseiller sur le plateau d’I>Télé en cas d’abandon du projet qui acterait de fait un "déni de démocratie".

La possibilité d’un réaménagement. L’une des préconisations du rapport du ministère de l’Ecologie prévoit l’éventuel réaménagement du barrage. L’idée serait celle d’une réduction du volume d’eau retenu afin de redimensionner l’ouvrage. Mardi 4 novembre, une réunion convoquée par Ségolène Royal a pour objectif d’éclaircir ces points en compagnie des différentes parties prenantes du projet.   

Pourquoi le chantier devrait-il cesser ?

Ce que dit Ségolène Royal.Au micro d’Europe 1, la ministre de l’Écologie n’y est pas allée de main morte pour qualifier la conception de ce projet. "Il y a eu manifestement une erreur d’appréciation" a déclaré Ségolène Royal ajoutant que la "construction d’un ouvrage tel que celui-ci ne serait plus possible" aujourd’hui. En effet, on peut sérieusement se demander si l’est utile de poursuivre un chantier qui crispe autant de tensions alors que les conditions pour que ce projet soit considéré comme acceptable ne correspondent plus à nos critères actuels.  

La surestimation du projet. C’est l’un des points du rapport du ministère de l’écologie qui entre directement en écho avec les arguments des militants anti-barrage : les retombées positives du barrage ont largement été surestimées à la base. En outre, le document pointe une évaluation "contestable" des besoins "réels" d’irrigation déplorant une "surestimation du volume de substitution destiné à l'irrigation d'au moins 35 %".

Les tensions sociales. Les heurts entre manifestants et force de police en réaction à la mort de Rémi Fraisse ont été observés dans de nombreuses villes de France. Rennes, Nantes, Albi ou Paris ont en effet été le théâtre d’affrontements entre des "zadistes" et les CRS. À Paris, 76 personnes ont été interpellées dimanche 2 novembre en marge d’un rassemblement d’hommage à Rémi Fraisse. Compte tenu du caractère explosif du contexte, des personnalités comme Jean-Christophe Lagarde (candidat à la présidence de l‘UDI) craignent une "révolte" en raison de la situation qui s’est envenimée suite au décès du jeune militant pacifiste.

Publicité
Ainsi, abandonner un projet aux résultats et aux coûts surestimés sachant que la révolte gronde depuis que l’un de ses opposants est décédé suite à l’explosion d’une grenade de la police, ne paraît être pas la moins absurde des options.  

Notre-Dame-des-Landes, Sivens... : qui sont les manifestants ?  

En imagesDécès de Rémi Fraisse : les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre en images

Affrontements à Nantes

À Nantes, quelques 600 personnes se sont rassemblées en fin de journée pour contester "la violence d’Etat". Plusieurs vitrines de banques ont été prises pour cibles par certains casseurs et les forces de l’ordre ont dû recourir au gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

La vitrine d'une banque brisée par des casseurs à Nantes

La police ne peut que constater les dégâts.

Bataille rangée à Albi

Des violences ont également été constatées à Albi où quasiment mille manifestants s’étaient réunis pour dénoncer la mort de Rémi Fraisse. "Rémi, Rémi, on ne t'oublie pas" scandaient les militants avant que cela ne dégénère. En effet, des affrontements ont eu lieux entre des manifestants et les CRS. Jets de pavés pour les uns contre gaz lacrymogène pou...

CRS contre manifestants

C'est à Albi que les heurts ont été les plus violents, mais aux alentours de 19 heures, la situation est revenue au calme dans le centre ville.

Les CRS prêts à intervenir

Sur ce cliché, on peut deviner le volume du gaz lacrymogène dans l'air. Nous sommes toujours à Albi.

Un manifestant renvoie une grenade lacrymogène

Une façon particulière de renvoyer un projectile.

Autres diaporamas

Publicité
Publicité