Face à la grogne des syndicats de gardiens de prison, la Direction de l'administration pénitentiaire a décidé de mettre en suspens une mesure visant à autoriser les téléphones portables dans les centres de semi-liberté et dans les centres d'aménagement de peines.

Marche arrière toute ! Selon une information du Figaro du 4 février, la Direction de l'administration pénitentiaire devait valider l'autorisation ce même jour des téléphones portables dans les centres de semi-liberté et dans les centres d'aménagement de peines.

Une décision qui devait être entérinée par décret d'ici un mois. Mais face à la grogne des syndicats de gardiens, le ministère de la Justice a décidé de s'y opposer. "Elle a suscité un tel tollé chez les gardiens de prison que la Chancellerie n'a pu faire autrement que d'exiger de la Direction de l'administration pénitentiaire qu'elle retire le projet de décret", rapporte Le Figaro vendredi.

Cette autorisation des téléphones ne ferait en effet qu'aggraver les choses, selon les syndicats de gardiens. "Ce serait une catastrophe, car la majorité des places de semi-liberté et de peines aménagées sont dans les quartiers de maison d'arrêt. Autoriser les téléphones mobiles, ce sera le feu", estime Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap, le principal syndicat de gardiens de prison, interrogé par le quotidien. 

"Rupture d'égalité de détenus vis-à-vis d'autres"

Si les prisonniers en semi-liberté seraient ceux posant le moins de problèmes, la peur de voir les téléphones portables être autorisés s'explique tout de même, selon Jean-François Forget. "Il n'est pas certain que ce nouveau droit ne serait pas utilisé comme une rupture d'égalité de détenus vis-à-vis d'autres. Nous avons des avocats qui nous font savoir que la Cour européenne des droits de l'homme ne manquerait pas à terme de nous demander l'élargissement à l'ensemble des établissements pénitentiaires", ajoute le syndicaliste.

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La mesure s'annonçait d'autant plus paradoxale, "alors que la Chancellerie a promis au début du mois la mise en place d'un grand plan de brouilleurs de téléphones portables en prison", rappelle RTL.fr.

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