Pour la première fois depuis les aveux de Jonathann Daval, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, les parents d’Alexia Daval, ont pris directement la parole. Complètement "bousillé" par le chagrin, le couple assure ne pas nourrir de "haine".

Les parents d’Alexia Daval ont décidé de s’exprimer directement. Alors que depuis les obsèques de leur fille, ils avaient laissé leur avocat relayer leur parole, ils ont accepté de répondre aux questions de L’Est Républicain, tout simplement "pour parler d’Alexia" qui aurait eu 30 ans le 18 février, et pour répondre surtout à la stratégie de défense de Maître Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval, le mari qui a avoué le meurtre le 30 janvier dernier. Dans ces récentes déclarations, le conseil du mis en examen a insisté sur le soi-disant caractère "difficile" de la victime, n’hésitant pas à sous-entendre que son client vivait une relation violente et avait été poussé à bout.

Un couple sans violence…

Cette supposé violence, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot la réfutent fermement. "Je ne l’ai jamais vue en colère, ni avoir un quelconque accès de violence sur qui que ce soit. Jonathann et Alexia ont vécu un an chez nous (…) jamais nous ne les avons vus se disputer", assure la mère d’Alexia Daval, alors que son père ajoute : "Notre fille n’était ni autoritaire, encore moins violente".

Pour les parents de la victime, dont le corps a été retrouvé partiellement carbonisé en octobre dans un bois d'Esmoulin (Haute-Saône), il est impensable de laisser les ragots et médisances courir sans réagir. "On n’a pas du tout envie de s’exposer mais on ne voudrait pas qu’Alexia soit salie, traînée dans la boue. Ça nous hante et ça nous fait souffrir, on ne tiendra pas deux ans comme ça", a notamment confié Jean-Pierre Fouillot.

Habité par un désir d’enfant

Même s’ils ne souhaitent pas ajouter à l’emballement médiatique, les parents d’Alexia Daval ont souhaité clarifier plusieurs points sur la vie du couple que leur fille formait avec Jonathann. Ils ont confirmé le désir d’enfants, la prise d’un traitement contre l’infertilité, mais surtout, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot confient qu’un mois avant le drame, leur fille avait fait une fausse couche. "Alexia prenait un traitement contre l’infertilité. Trois mois avant le drame, ils nous avaient invités chez eux, pour l’apéritif. Sur la table du salon, Alexia avait mis un chou et une rose. Elle nous a dit : "Vous ne remarquez rien ?". Elle voulait nous annoncer qu’elle était enceinte. Elle a malheureusement fait une fausse couche deux mois plus tard…", raconte Isabelle Fouillot.

La trahison : une double perte

Aujourd’hui les parents d’Alexia Daval, qui ont pourtant été aux petits soins avec leur gendre, se disent incapables de ressentir la moindre haine, le moindre désir à son égard. "Il doit suffisamment souffrir comme ça, ce n’est pas la peine d’en rajouter. C’est sûr, on a été trahis. Mais ce qui nous bousille avant tout, c’est le chagrin", dit Jean-Pierre Fouillot. Une déclaration qui fait écho à celle de leur avocat, il y a plusieurs semaines qui décrivait les aveux de Jonathann Daval comme un deuxième deuil pour ses clients.

Si le couple tient toujours son bar dans le centre de Gray, les parents reconnaissent qu’il est difficile de trouver "l’apaisement au milieu de tout ça". Ils doivent aussi faire face aux questions qu'ils aimeraient poser à Jonathann Daval, et le père d’Alexia Daval de détailler : "Depuis quand nous a-t-il menés en bateau ? Uniquement après ? Depuis plus longtemps ? Était-il sincère quand il nous disait nous aimer ? Nous aime-t-il encore ?" Jusqu’au bout, ils ont pourtant cru à l’innocence de leur gendre. "Ce n’était pas possible, vu son comportement et toutes les marques d’affection qu’il nous témoignait. Quand je pense qu’il m’a demandé d’emmener Happy, le chat d’Alexia, sur la tombe de notre fille. Est-ce qu’il y pense, Jonathann, à Happy ?", se demande Isabelle Fouillot alors que son époux précise : "On croyait à son innocence à 500 %. À aucun moment, nous n’avons douté".

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La chute est très difficile à gérer pour les parents de la victime qui ne croient d’ailleurs pas à un meurtre involontaire. Aujourd’hui, ils attendent de la justice "qu’elle fasse son travail sérieusement, sans excès ni faiblesse. Et qu’elle rende une vraie décision, au bout du compte".

Vidéo : "Ils n'ont aucun désir de vengeance." Ce journaliste témoigne de l'état d'esprit des parents d'Alexia Daval

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