Souffrant d’une maladie incurable, Anne Bert a choisi de mourir. Elle a écrit aux candidats à l’élection présidentielle pour défendre le droit à l'euthanasie, interdit en France. 

Anne Bert, une Française de 59 ans, est atteinte de la maladie de Charcot, une maladie neurodégénérative incurable. Ayant choisi de mourir plutôt que de souffrir, elle a écrit une lettre ouverte aux différents candidats à l’élection présidentielle pour leur demander d’agir en faveur du droit à l’euthanasie, rapporte Le Parisien. Un droit de mourir qui n'existe pas aujourd'hui en France.

Elle a interpellé François Fillon, Benoît Hamon, Marine le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon pour défendre le droit à mourir dans la dignité. "Il est de votre devoir de vous positionner à propos de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. (…) Pour ma part, décider d’abréger ma fin de vie plutôt que de végéter emmuré avant de mourir est un choix éclairé en accord avec ma vision de l’existence, (…). Persister à refuser le droit de choisir sa fin de vie, c’est accepter que des Français déterminés à le faire se suicident de façon violente ou clandestinement aidés, ou encore aillent mourir hors frontières. Prenez donc vos responsabilités (…)", leur a-t-elle écrit dans une lettre ouverte, reprise par le quotidien.

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Elle demande une aide médicale active à mourir

Elle a donc appelé les candidats à rouvrir ce débat et à prendre des engagements en faveur d’une aide médicale active à mourir. En période d'élection présidentielle, elle a souhaité rendre son combat public pour sensibiliser les candidats qu'elle juge "frileux" face au "tabou de la mort". En France, l’euthanasie est interdite. Seule la sédation profonde et continue avec arrêts de soins jusqu’à la mort pour les patients atteints de maladies incurables est autorisée par la loi Claeys-Leonetti, votée en août 2016.

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Anne Bert a, elle, décidé de mourir pour ne pas souffrir. "Je ne veux pas d'une mort violente, ni vivre grabataire avec une respiration artificielle. J'aime trop la vie, je la respecte trop pour cela. (...) Je n'ai pas peur de la mort mais de la souffrance et de la déchéance physique", a-t-elle expliqué au Parisien. Elle appelle les candidats à permettre aux malades de faire librement leur choix et de pouvoir décider de mourir dans la dignité.

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