Trois malfrats auraient relâchés par la justice au motif que la prison de Chartres, où ils devaient être conduits, était pleine. Une décision qui suscite de nombreuses réactions : le gouvernement demande des explications tandis que l’opposition fait part de son indignation.

Trois malfaiteurs, dont deux condamnés à trois mois de prison ferme et arrêtés jeudi, auraient été relâchés par la justice faute de place à la maison d’arrêt de Chartres, où ils devaient être conduits. C’est un commandant de police, dans un rapport adressé à la Direction centrale de la sécurité publique, qui a révélé l’information, rapporte l’AFP. Il indique que dans son rapport que l’officier de police judiciaire de permanence à ce moment-là s’est vu signifier oralement par le substitut de permanence du parquet de « libérer dans délai » les trois individus et « sans suites judiciaires au prétexte que la maison d'arrêt de Chartres était pleine ». Des « instructions lourdes de conséquences »Une décision qui suscite l’incompréhension, et qui intervient alors que le nombre de détenus en France a encore battu un record en juillet : 68 569 pour seulement 57 320 places. Dans son rapport, le commandant de police dénonce « ces instructions iniques et lourdes de conséquences ». Pour lui, cette décision risque de provoquer « le sentiment d'impunité que peuvent avoir ces délinquants, chevronnés pour la plupart, lorsqu'ils franchissent la porte du commissariat moins de deux heures après avoir été interpellés », sans oublier les « conséquences sur le moral et la motivation » des policiers.

« Aucune instruction visant à ne plus écrouer de personnes à Chartres »Du côté du parquet, on affirme ne pas avoir eu connaissance de ce rapport, et « n’avoir pas reçu la consigne » de ne plus enregistrer d’écrous jusqu’au 1er septembre à la prison de Chartres. « Nous n'avons aucune instruction visant à ne plus écrouer de personnes à la maison d'arrêt de Chartres. Preuve en est, des personnes jugées en comparution immédiate cette semaine ont été condamnées à des peines de prison avec mise sous mandat de dépôt » a précisé une source, qui a aussi indiqué vouloir « vérifier avec précision de quoi il s’agit » « dès réception du rapport ».

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Remous au sein de la classe politiqueManuel Valls a fait part de sa surprise. « Cette décision très étonnante va à l'encontre de la stratégie décidée conjointement par la chancellerie et l'Intérieur qui vise à accroître le concours des forces de sécurité pour faire exécuter les peines » a déclaré le ministre de l’Intérieur. Christiane Taubira a elle indiqué dans un communiqué avoir reçu des « informations contradictoires » sur cette affaire, et demande « au parquet général de la cour d'appel de Versailles de bien vouloir lui rendre compte des conditions dans lesquelles le parquet de Chartres a été amené à prendre cette décision ». A droite, on fait part de son indignation. Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, s’est dit « indigné et révolté » et a fait savoir qu’il entendait bien écrire à la ministre de la Justice « pour lui demander des explications ».  

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