L’état de Michael Schumacher, après presque trois semaines de coma artificiel, semble ne pas s’arranger. Une lente avancée laissant présager une impossibilité prochaine pour l’ancien pilote de se réveiller un jour. Plus de détails. 

© AFP

Le calme est revenu aux abords du CHU de Grenoble. Hormis quelques banderoles de soutien, caméras, journalistes et badauds ont peu à peu déserté les lieux. Pourtant, dans une des chambres de l’hôpital, Schumi sommeille toujours. Un coma artificiel, destiné à le préserver des lésions subies suite à sa chute de ski, le réduisant au silence depuis maintenant 19 jours.

Son état semblant s’améliorer progressivement, exposant un bilan des plus encourageants, avait conduit de nombreux praticiens à s’exprimer en faveur d’une tentative de réveil prochain. Jean-Marie Truelle, ancien chef du service de neurologie de l’hôpital Foch à Paris et professeur de neurochirurgie, avait d’ailleurs expliqué que le septuple champion du monde de F1 n’était « plus en danger de mort immédiate. »

Mais l’hypothèse s’est vite vue pondérée par d’autres analyses, extérieures au dossier. Ainsi, Eric Riederer, neurologue, interrogé par 20minutes.ch, face au silence de l’équipe en charge du patient, en est lui aussi allé de son pronostic : « D’habitude, on essaie de réveiller les patients après deux semaines. Les blessures de Michael Schumacher doivent donc être graves. L’issue est incertaine ».

Un coma ad vitam aeternam ?

Pourtant, en vue des dernières nouvelles, il semblerait que cela ne soit pas le pire des scénarios potentiels. En effet, à mesure que les jours passent, les spécialistes semblent de moins en moins positifs quant à l’amélioration de l’état de l’ancien pilote. Si bien que, bientôt trois semaines après son accident, l’on parle à présent de l’hypothèse que ce dernier ne se réveille pas, malgré l’achèvement de son coma artificiel.

L’état de coma artificiel, obtenu en diminuant l’afflux en oxygène du cerveau, lui permet de fonctionner à demi-régime afin de se concentrer sur la réparation des lésions. Un coma de ce type prend en général fin au bout d’une à deux semaines, délais que Schumacher a déjà dépassé. Pour cause : sa trop lente guérison. « Sa situation pourrait être pire que prévu », explique le professeur Gereon Fink, expert en neurologie. « Les blessures au cerveau comptent parmi les lésions les plus critiques pouvant arriver au corps humain. Si les blessures sont importantes au point de nuire au patient, alors celui-ci est maintenu un peu plus longtemps en coma artificiel », ajoute-t-il. Un coma pouvant être prolongé indéfiniment. Mais pas à n’importe quel prix. En effet, un sous-apport en oxygène trop prolongé, bien que maintenant le cerveau intact, est susceptible d’avoir de graves répercutions sur les autres organes vitaux, notamment sur le foie. Ainsi, le magazine Bild a rapporté que l’état du pilote était si critique qu’aucun plan de réveil n’était en réalité envisagé.

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Selon Eric Riderer, le pilote « pourrait encore rester dans le coma pendant des mois et garder de terribles signes de l’accident, comme des paralysies ou des troubles du langage. Il devra peut être se faire assister pour les moindres petits gestes du quotidien. » Et le neurologue de ponctuer son analyse d’une assertion des plus inquiétantes : « Schumacher ne sera plus jamais le même ».

La vidéo de la reconstitution de l'accident du champion de F1

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