Le dernier livre d'Eric Zemmour, "Le suicide Français", devient un véritable phénomène de librairie. Planet.fr décrypte le succès de cet ouvrage polémique.

Nous vous en parlions hier, c’est un véritable carton pour le pamphlet politique d’Eric Zemmour, Le Suicide Français. A tel point que l’ouvrage a dépassé les ventes du très médiatique Merci pour ce Moment de Valérie Trierweiler. S’arrachant à 5000 exemplaires par jour, le livre qui suscite tant de polémiques est bien parti pour battre des records. Mais comment expliquer un tel succès ? Planet.fr tente de fournir quelques éléments de réponse.

Le constat de la dépression

Dans le contexte actuel, à l’heure où la dette de la France dépasse la somme insignifiante de 2000 milliards d’euros et où les crises nationales et internationales rythment notre quotidien, titrer sur "Le Suicide Français" constitue en soi, une formidable idée marketing.

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Prétendre apporter une explication, ou plutôt un sens, à la multitude des problèmes qui minent le moral des Français donne à cet ouvrage un pouvoir attractif au moins équivalent au désir de voyeurisme qui caractérise, entre autres, le livre de l’ex-première dame. Il se pose donc comme celui qui détient la clé de la vérité, celui qui va "enfin" dire à ses compatriotes "pourquoi" ils sont dans la souffrance. Et pour que ce message soit entendu, il doit nécessairement être iconoclaste.

Des positions controversées

S’il existe un ingrédient nécessaire à la cuisine "zemmourienne", le caractère digressif de ces thèses en est un indispensable. Déclin de la masculinité, immigration, obsessions passéistes, préférence nationale…. Autant de thématiques qui ne rentrent pas dans le carcan du "politiquement correct" qu’il entend pourfendre au nom de la liberté d’expression.

"Il y a un public qui se reconnaît dans ce qui dit Zemmour, dans son exaltation de la nation, dans sa conviction qu’il y a un "système", qu’il y a une "élite" monolithique, qu’il y a des vérités tues" analyse Xavier de La Porte sur Rue89. Et comme la crise actuelle aggrave les sentiments de défiance envers un "système" qui ne correspond plus aux aspirations du peuple, les positions qu’il défend entrent en résonnance avec les interrogations des Français. Ajoutez à cela une visibilité médiatique hors norme, et vous obtenez la recette d’un carton assuré.

La maîtrise des médias

Eric Zemmour a beau conspuer "les médias" alignés sur une "doxa dominante", il lui sera difficile de prouver que le triomphe de son livre n’est pas un succès médiatique. Entre une chronique bi-hebdomadaire sur RTL, un débat hebdomadaire sur I>Télé, une émission sur Paris Première et sa collaboration avec Le Figaro Magazine, Eric Zemmour ne souffre pas de manque d’audience. De surcroît, les clashs qui caractérisent quasiment tous ses passages en plateau lui assurent une audience supplémentaire dans la mesure où ces agitations cathodiques sont constamment reprises dans la presse.

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Car oui, Eric Zemmour maîtrise le temps médiatique, le buzz issu de la joute verbale. Outre sa condamnation pour incitation à la haine raciale en 2011, ces propos clivants proches de ceux de l’extrême droite ne souffrent d’aucun dérapage. Son collègue Eric Naulleau ne s’y pas trompé en indiquant au Figaro qu’"il est plus suivi que vilipendé". "Avant, il prêchait dans le désert. Il fait partie maintenant d'un chœur" ajoute même son binôme.

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Se faire passer pour le mouton noir par la défense de ses idées conservatrices et rétrogrades tout en occupant le champ médiatique avec talent, voilà en partie ce qui explique le succès de son livre. Et ce, même si les arguments qu'il présente sont marqués par le sceau de l'inexactitude