Jeudi 6 novembre, Mazarine Pingeot et Eric Zemmour se sont "clashés" sur le plateau de Franz Olivier Giesbert. Depuis la sortie de son livre "Le Suicide français", le polémiste multiplie les échanges musclés sur les plateaux télé.

Dans le jargon des plateaux télé, on appelle ça "un bon client". Un invité qui à coup sûr va faire des étincelles et qui, par ricochet, fera parler de l’émission dans laquelle il aura provoqué un énième ramdam. Lucide, Didier Pourquery explique dans les colonnes du Monde, que "ce sont les clashs qui font recette".

Comment ? Qui dit clash dit bruit, qui dit bruit dit vidéos, qui dit vidéos dit partage sur les réseaux sociaux etc. Partant de ce constat, force est de reconnaître que le polémiste Eric Zemmour remplit complètement sa fonction de "bon client".

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Il suffit de taper "Zemmour clash" dans un moteur de recherche pour s’en rendre compte. S’enchaînent des dizaines et des dizaines de vidéos dans lesquelles la scène d’une discussion musclée entre Eric Zemmour et un interlocuteur irrité est rejouée à l’infini. Dès lors, une question se pose : pourquoi le polémiste est-il autant une tête à clash ?

Clasheur en série

Les passages télé dans lesquels un échange avec Eric Zemmour ne se termine pas en joute verbale sont de plus en plus rares. Hier encore, c’est Mazarine Pingeot qui s’écharpait avec le polémiste lui reprochant sa vision du rapport masculin/féminin. Avant, c’était sur le plateau de C à vous ou bien de On n'est pas couché. Qualifié de serial-clasheur par 20 Minutes, le "chroniqueur" se rend volontiers sur les plateaux télés pour défendre son livre.

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Pour ce faire, quelle meilleure solution que de faire exploser l’audimat ? Indéniablement, le succès du Suicide Français s’explique en grande partie par l’exposition médiatique offerte par ce genre de séquences musclées qui caractérisent ces passages en télé. Car oui, ces querelles catodiques attirent du monde, beaucoup de monde. Il n’y a qu’à voir comment l’audience monte en flèche quand celui qui est dragué par le FN est sur le plateau : succès assuré. Ci-desous, un exemple.

En outre, les téléspectateurs sont nombreux parce qu’ils savent qu’il va y avoir du spectacle. Ce que les initiés appellent un "moment de télévision". En revanche, ce n’est pas tant ce qu’il raconte qui attire mais bien le combat verbal qui découlera de son passage. En effet, pourtant opposé idéologiquement, Jean-Luc Mélenchon agit également comme un "booster d’audience" car "le public prend du plaisir au clash" comme l’explique François Jost, directeur du Laboratoire Communication Information Médias à la Sorbonne nouvelle.  

Des propos qui suscitent l’indignation

Pas de clashs sans propos clivants. Et pour ça, on peut compter sur le polémiste. En effet, les idées défendues par Eric Zemmour ont tout pour provoquer une dispute télévisuelle. Minimisation du rôle de Vichy dans la Shoah (rien que ça), déclin de la masculinité, vision rétrograde du sexe féminin, critique de la "doxa dominante" et des élites, immigration… Tous les sujets qui feraient déraper un repas dominical sont réunis en une seule personne.

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Du pain bénit pour qui veut du remue-ménage sur son plateau. Du pain bénît aussi pour l’éditeur qui s’assure à chaque passage une publicité à plusieurs millions de téléspectateurs. Chaque plateau sa controverse. Ici le mariage gay, là le maréchal Pétain et les juifs, ailleurs la place de la femme… Une palette de positions extrêmement large qui lui permet à coup sûr de faire parler de lui. Une véritable tête à clash.

 

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