La formation d’un futur serviteur de l’Etat est parmi les plus onéreuses des grandes écoles de la République et se chiffre en plusieurs milliers d’euros pour deux années d’études.

Cette année, l’Ecole nationale d’administration (ENA) souffle ses 70 bougies. La prestigieuse école a été créée sitôt la fin de la Seconde Guerre mondiale avec pour objectif de centraliser et former les grands administrateurs de l’Etat (Cour des comptes, Conseil d’Etat, etc.).

L’ENA a coûté 15,1 millions d’euros à l’Etat en 2015. Et comme beaucoup d’institutions, l’école participe aux économies budgétaires comme le montre un document annexé au projet de budget de 2016 repéré par BFM Business.

168 000 euros sur deux ans

Dans ce document, on apprend que le coût annuel pour la formation d’un énarque atteint 86 692 cette année mais qu’il doit baisser de 2 729 euros, pour atteindre 83 963 l’an prochain. Comme les élèves de l’ENA passent deux ans dans la prestigieuse école, leur formation reviendra donc à près de 168 000 euros.

Un montant qu’il faut multiplier par 80, comme le nombre d’élèves chaque année (sans compter les élèves étrangers, environ 30). A noter que le coût inclut l’organisation du concours d’entrée, la formation, la rémunération des enseignants ainsi que celle des élèves.

Les énarques doivent servir l’Etat pendant dix ans

En effet, dès leur entrée à l’ENA, les futurs serviteurs de l’Etat deviennent des fonctionnaires stagiaires et touchent à ce titre 1399,34 euros nets par mois très précisément pour ceux issus du concours externe. Un montant qui grimpe à 2 144,26 euros pour ceux issus du concours interne et du troisième concours (destiné notamment aux actifs du secteur privé).

A lire aussiDémissionner de la fonction publique ? Le (très) coûteux dilemme de Macron

Publicité
En contrepartie, les énarques s’engagent à servir l’Etat pendant dix ans et, en cas de non-respect de cet accord tacite, ils doivent rembourser leurs frais de scolarité. Le ministre de l’Economie et ancien énarque, Emmanuel Macron, qui n’a effectué que six ans dans la fonction publique, devrait ainsi rembourser 250 000 euros s’il voulait en démissionner.

Vidéo sur le même thème : "Notre pays est gouverné par une promo de l'ENA"