Rendu célèbre par l’affaire du Carlton de Lille dans laquelle Dominique Strauss-Kahn (DSK) est mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée, Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, a récemment sorti un livre autobiographique. Planet a rencontré celui qui est soupçonné d’avoir organisé des parties fines avec l’ancien directeur du FMI.

Planet : Pourquoi avoir voulu écrire ce livre* ?Dominique Alderweireld : "J’ai un ami qui est policier et que l’on surnomme le ‘Yuppin’, qui m’a dit un jour que je pourrais écrire un livre pour raconter toutes mes histoires. J’ai tout simplement suivi son conseil. Bien évidemment, l’affaire du Carlton a été le déclencheur : si j’avais écris un livre il y a deux ans, personne ne m’aurait reconnu à part peut-être à Lille. Je peux donc dire merci à DSK parce que c’est lui qui a déclenché l’affaire !

Planet : Avez-vous ressenti le besoin de dire qui vous êtes vraiment en écrivant ce livre ?Dominique Alderweireld : Non pas vraiment mais, comme je suis narcissique, ça me plaît d’écrire sur moi.

Planet : Le ton que vous employez est assez spécial. Est-ce voulu pour "choquer" le lecteur ou simplement pour vous montrer tel que vous êtes ?Dominique Alderweireld : C’est vrai que les termes employés peuvent parfois choquer mais il faut savoir que c’était le vocabulaire ordinaire de la pègre dans les années 1960. Je voulais me montrer comme je suis et m’exprimer comme je le faisais à l’époque avec le gens que je fréquentais. Ils étaient très cultivés mais avaient un langage spécifique.Planet : Votre passage aux "Grandes Gueules" de RMC a été reporté à cause de menaces de la part d’un collectif qui défend les prostituées. Cela vous arrive-t-il souvent ?Dominique Alderweireld : C’est la première fois que l’on me menace de la sorte. Même avant la sortie de ce livre, et malgré le métier de tradition que j’exerce, je n’ai jamais été embêté de cette manière par une telle association. Depuis 43 ans que je suis dans ce milieu, je n’ai jamais imposé de contraintes à mes filles et aucune n’a jamais porté plainte contre moi. Je n’ai rien à cacher, c’est d’ailleurs pour cela que j’accepte de parler de mes affaires. Planet : Le parcours que vous racontez est assez rocambolesque. Pensez-vous que l’on puisse encore aujourd’hui  avoir une vie comme la vôtre ou avez-vous le sentiment d’avoir profité d’une époque ?Dominique Alderweireld : J’ai connu des gens qui ont vécu dix fois ma vie ! Je pense qu’il est encore possible de réaliser mon parcours mais peut-être dans d’autres formes. Je connais aujourd’hui des personnes qui ont une vie aussi mouvementée que la mienne mais elles ne font pas dans les filles ni les braquages, plutôt dans le trafic de cannabis.

Planet : Dans le livre, vous vous décrivez comme un féru d’histoire. Ce n’est pourtant pas l’image que l’on se fait d’ordinaire des personnes exerçant votre métier. Dominique Alderweireld : Non c’est vrai. D’ailleurs, je ne porte pas non plus de chaussures bicolores !

Planet : Souffrez-vous parfois du regard des autres sur vos activités ?Dominique Alderweireld : Pas du tout. Les gens que je fréquente ne m’ont jamais jugé et puis les autres, les hommes d’affaires, ne peuvent rien dire car cela fait partie de leur monde. Quant aux policiers, ils ont un regard véritable : ils connaissent certes le sujet mais ils savent également que je n’impose rien à mes filles. Je pense toutefois que certains membres de ma famille, comme mes enfants, en ont un peu souffert. Mais ils vont vieillir et réfléchir.

Planet : Vous citez énormément de noms dans votre ouvrage. N’avez-vous pas peur d’en déranger certains ?Dominique Alderweireld : C’est vrai, et pourtant le livre a été censuré. Mais les noms que je donne s’inscrivent dans des faits qui remontent  à trente ans. Je me couvre donc avec la prescription ! De toute façon, je prends mes responsabilités. Planet : Vous avez récemment déclaré que Dominique Strauss-Kahn (DSK) "en avait une petite", avez-vous d’autres révélations de ce genre à faire ?Dominique Alderweireld : Et bien, je peux vous dire que l’un des protagonistes de l’affaire du Carlton de Lille en a vraiment une très grosse… Mais je ne vous dirais pas qui car c’est un monsieur qui a plus de 70 ans, qui a fait deux mois de prison et qui a donné 150.000 euros de caution alors qu’il n’a absolument rien fait…Planet : Justement, que pensez-vous du non-lieu dont pourrait prochainement bénéficier DSK dans l’affaire du Carlton de Lille?Dominique Alderweireld : Ca devait arriver. Il n’aurait même jamais dû y avoir de non-lieu car il n’y a pas d’affaire. DSK n’a jamais été au Carlton de sa vie. Je connais le policier de la PJ qui a enquêté sur cette affaire et, dès le début, il m’a assuré qu’il n’avait rien. C’est comme pour celle du Sofitel, je vois mal comment on peut violer une fille en se faisant faire une fellation. Dominique Strauss-Kahn fait ma taille, 1m69, et la fille fait 1m80. Je le vois mal mettre un canif sur sa tête et la forcer… Il y a quand même un gros problème ! Si ils avaient eu des rapports 'normaux', cela aurait pu se concevoir mais pas une fellation. C’est de la simple logique !

On peut effectivement lui reprocher une chose (ndlr : à DSK), d’avoir été aux putes, mais c’est tout. Et je suis désolé mais il n’est pas le seul. Je pense notamment à Giscard, Deschanel et Faure. Les hommes politiques qui vont aux putes sont comme les autres. C’est normal, ce n’est pas un délit. Planet : Avez-vous tout dit dans ce livre ou bien avez-vous encore quelques secrets à révéler ?Dominique Alderweireld : Je pourrais effectivement développer un peu plus tous les personnages que j’ai connus, comme la famille Partouche et certains hommes politiques. Ces derniers sont d’ailleurs drôles puisqu’ils font eux-mêmes la pute en se rendant au bal des anciens et à différents clubs de je ne sais quoi. Planet : Des hommes politiques pourraient-ils craindre pour leur réputation avec la sortie d’un second livre ?Dominique Alderweireld : Il ne faudrait pas prendre les Français pour si naïfs que ça ! Il y en a effectivement un que j’ai vu il y a peu de temps à la télévision et qui a été mouillé par Luc Ferry (ndlr : dans l’affaire présumée de pédophilie au Maroc). Cet homme a fait l’objet d’une enquête au Maroc et pourtant, il n’y a aucun effet d’annonce, rien du tout. Je ne dis pas qu’il est coupable car je n’en sais rien, mais simplement que c’est bizarre.

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Planet : Avez-vous une petite révélation à faire pour Planet.fr ?Dominique Alderweireld : L’affaire DSK, c’est au départ une affaire immobilière qui concerne les locaux du Carlton. Mais je n’en dirai pas plus car cela implique deux personnages qui m’ont toujours rendu service et que je ne veux pas trahir". * Dominique Alderweireld est l'auteur de Moi, Dodo la Saumure (éditions Denoël)

Dodo la Saumure évoque DSK et l'affaire du Carlton lors de son interview accordée à Planet:

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