L’hebdomadaire satirique a publié mercredi des extraits d’écoutes téléphoniques visant notamment l'ancien entraîneur de l'OM. On y apprend, entre autres, que Nicolas Sarkozy a voulu prendre sa place de sélectionneur.

Dans son édition de mercredi, le Canard enchaîné révèle des extraits de dizaines d’heures d’écoutes téléphoniques ordonnées par des juges marseillais qui sont sur la piste d’une vaste entreprise d’extorsion de fonds à l’Olympique de Marseille (OM).

Parmi les personnes visées par ces écoutes qui ont commencé en 2011, Didier Deschamps, actuel sélectionneur de l’équipe de France de football, et entraîneur de l’OM (2009-2012) au moment des faits. Ainsi, on apprend que ce dernier et Nicolas Sarkozy, alors président de la République, se sont rencontrés le 8 décembre 2011 pour une entrevue un peu spéciale. A l’agent de joueurs Jean-Pierre Bernès, Didier Deschamps dévoilait ainsi la teneur de cette rencontre : "Putain, il m’a dit qu’il fallait faire le ménage ! Il ne rigolait pas, hein !"

Dans la foulée, l’agent de joueurs contacte Sophie Dion, la conseillère sports de Nicolas Sarkozy, pour lui dire : "Faut que tu fasses passer le message. L’OM, c’est comme le conseil régional (des Bouches-du-Rhône). Tu as deux frères, les Barresi. Tu en as un qui est avec Guérini et compagnie. Et l’autre qui est avec l’OM. Et, sur chaque institution, c’est la pression, la menace, les voyous." Enfin, Jean-Pierre Bernès enfonce l’ancien sélectionneur de l’OM : "Il souffre, Deschamps, c’est une horreur. Ils (les voyous) m’ont abordé. Ils m’ont donné rendez-vous pour me faire chanter. Du racket et tout, ils m’ont demandé du pognon et compagnie."

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"Donc, apparemment, M. Sarkozy serait au courant et tout…"

L’intrigant M. Bernès se trouve décidément un peu partout dans ces écoutes. Ainsi, le 23 février 2012, ce dernier reçoit un coup de fil d’un policier qui l’avertit d’une descente de police imminente. "Je l’ai ai déroutés du domicile de M. Deschamps, prévient le policier. Ils viennent chez vous (…) L’audition se fera chez vous. C’est une audition de dix minutes (…) Le gars qui est en charge du dossier, il ne voulait pas entendre Deschamps, hein ! On leur a imposé ça parce que ce serait monté jusqu’à Paris. Donc, apparemment, M. Sarkozy serait au courant et tout…"

Deschamps : "C’est une enculerie, j’ai envoyé un scud à Vincent, je t’explique pas !"

En lisant les extraits de ces écoutes téléphoniques, on apprend enfin que Vincent Labrune, l’actuel président de l’OM, en prend pour son grade. Ainsi de Bernard Tapie qui dit de lui que "c’est un enculé, c’est un petit pédé, ce n’est rien du tout ! Une truffe intégrale". Mais Didier Deschamps, mécontent d’un article sur lui dans la presse, se montre le plus corrosif : "C’est une enculerie, j’ai envoyé un scud à Vincent, je t’explique pas ! Il n’a pas réagi, mais il joue au fils de pute, hein ! Je te le dis, c’est lui qui a fait l’article hein ! (…) Pour sauver sa petite tronche, il me fout sur la gueule !"

L’entraîneur de l’Equipe de France est actuellement dans le viseur de la justice, selon les informations du JDD. Didier Deschamps aurait négocié son départ de l’OM contre un chèque d’environ 900 000 euros. Sauf qu’il était lié au club marseillais par contrat jusqu’en 2013 et qu’il était démissionnaire ; il n’aurait donc pas dû toucher ce pactole. Sauf que le fameux Jean-Pierre Bernès, qui est aussi l’agent de Didier Deschamps en plus des footballeurs dont il s’occupe, a fait un contrat sur mesure à son poulain.

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Voici comment, le 11 septembre 2011, il explique en terme fleuris l’astuce à un ami : "Je t’explique ou je les ai niqués. C’est qu’avec le contrat que je lui ai fait à Deschamps, s’ils veulent le virer, ça va leur coûter des tonnes d’argent." Et d’ajouter, deux semaines après : "Quand [Deschamps] va morfler… il va partir et il va recevoir un chèque de 19 millions !" L'exagération marseillaise dans toute sa splendeur…

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