Deux CRS sont convoqués ce mardi devant le conseil de discipline. Ils risquent la révocation après avoir participé à un reportage diffusé dans Automoto sur TF1, dans lequel ils souhaitaient dénoncer la politique du chiffre qui selon eux régit les contrôles radar.

C’est un reportage qui pourrait leur coûter cher. Le 11 novembre 2012, Automoto, l’émission de TF1, diffusait un reportage sur les radars automatiques. On y voyait deux CRS, dont le visage avait été flouté et la voix déformée, envelopper d’un sac poubelle un radar automatique, le rendant ainsi inopérant. Les deux policiers souhaitaient ainsi dénoncer la politique du chiffre et de la rentabilité qui dicte selon eux la mise en œuvre des radars automatiques. Un acte qui pourrait aujourd’hui leur coûter cher.

Un geste qui passe malL’émission a en effet déclenché la colère de Frédéric Péchenard, le délégué à la Sécurité routière, et ancien patron de la police sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a porté plainte. Le ministre de l’Intérieur a alors débloqué d’importants moyens pour retrouver les deux policiers, identifiés comme appartenant aux effectifs des CRS de l'Ain. Ces derniers risquent aujourd’hui la révocation ainsi que des poursuites pénales. Denis Brogniart, qui présente Automoto, a même lui aussi été entendu par l’IGPN, la police des polices. L’animateur a décliné toute responsabilité dans cette affaire.

Publicité
Denis Brogniart décline toute responsabilitéConvoqué en avril dernier, Denis Brogniart aurait déclaré avoir été contacté par les policiers eux-mêmes, qui souhaitaient dénoncer le racket dont sont victimes les automobilistes, rapporte Le Point. Chez TF1 pourtant, toujours selon l’hebdomadaire, certains se souviennent que l’animateur s’était vanté d’avoir réussi à convaincre les policiers de se laisser filmer en train de saboter un radar. « Mais devant la police, le roi des audiences s’est transformé en valet » commente même un journaliste. Les CRS sont convoqués ce mardi devant le conseil de discipline, mais l’affaire pourrait finir au tribunal. Le parquet de Bourg-en-Bresse pourrait en effet ouvrir une infirmation judiciaire.