Si la France n’est pas la destination privilégiée des Syriens fuyant les persécutions dans leur pays, certains ont fait le choix de rejoindre notre territoire. 

Il s’appelle Claude Zerez, et cela fait plus d’un an et demi que ce Syrien sexagénaire a trouvé refuge en France, comme le relate le Huffington Post.

Ce chrétien, originaire d’Alep en Syrie où il était professeur d’université, a laissé lui et sa femme derrière eux leur pays en proie à la guerre, et surtout leur fille Pascale, âgée de 18 ans et à peine mariée lorsqu’elle a croisé la route d’une bande armée rebelle qui l’a assassinée "parce qu’elle était chrétienne".

"Nous seront éternellement reconnaissants envers la France"

Devant la situation qui empire, Claude et ses deux fils de 23 et 21 ans décident de fuir pour rejoindre la France mais doivent attendre un an avant d’obtenir un visa. Après avoir atteint le Liban, la famille Zerez prend un avion pour Paris avec un visa touristique de l’ambassade de France sur place. "Nous serons éternellement reconnaissants envers la France, une patrie très hospitalière", déclare-t-il au Huffington Post, très ému.

La famille arrive donc en janvier 2014 dans la Sarthe, épaulée par une association chrétienne. Après avoir appris le français, les deux fils de Claude ont trouvé du travail et la famille peut désormais être autonome financièrement. Le sexagénaire donne désormais des conférences et s’est donné pour mission d’aider les réfugiés arrivant en France. "Je veux les aider à aimer le pays qui va les accueillir et à s'intégrer en France, déclare-t-il. Car si la France est un pays hospitalier et qu'on peut garder nos qualités et nos vertus d'orientaux, il ne faut imposer ni nos défauts ni nos traditions."

Ils "ne veulent pas vivre des aides de l’Etat"

De son côté, Sohaib Al Raies, un Syrien de 37 ans, est arrivé seul il y a un peu plus d’un an en France, à la gare de Lyon, après plusieurs tentatives infructueuses. Le réfugié ne parle pas français et confie à Euronews que pour beaucoup de ses compatriotes, la France n’est pas vue comme un eldorado. "Tous les Syriens savent que la France est très lente pour faire les papiers, assure-t-il, quand on arrive ici, il n’y a pas de lieu d’accueil, il faut se débrouiller tout seul et si tu ne connais personne, tu dors dans la rue.", pense-t-il.

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Mais après trois mois d’attente, le demandeur d’asile a obtenu le statut de réfugié et la carte de résident d’une durée de dix ans. "C’est la carte la plus importante au monde, la France nous aide, elle nous a donné un trésor : ce sont ces cartes officielles, estime-t-il. On peut travailler, se déplacer, vivre comme des êtres humains.", déclare-t-il.

En France, le Syrien a quelques amis déjà installés : "Ce ne sont pas des gens qui veulent vivre des aides de l’Etat, affirme l’un d’eux, moi je travaille ici, je connais beaucoup de gens qui travaillent, qui veulent faire des projets."

"C’est le meilleur pays pour la liberté"

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Un journaliste syrien réfugié en France, Tarek Shekh Mousa, a lui expliqué son choix de venir dans notre pays en juillet 2014 auprès d’élèves d’un lycée en Ile-de-France, comme le rapporte Le Parisien. Pour le jeune homme de 24 ans, la France incarne la liberté : "C'est le meilleur pays pour la liberté, pense-t-il. La censure n'existe pas chez vous. Chez nous, il faut une autorisation du régime pour faire un reportage."

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