Plusieurs élus ont indiqué que la mise à disposition de 77 310 logements sociaux pour loger des réfugiés se faisait au détriment des Français. Mais cette affirmation est à nuancer au regard de la nature de ces appartements.

Chez les Républicains, Rachida Dati a déclaré mercredi sur I-télé "qu’il y aura 70 00 logements (sociaux) en moins pour les Français, ou pour les citoyens qui sont sur notre territoire et qui attendent depuis des années un logement."

De son côté, Marine Le Pen s’est insurgée mardi sur France Inter que "77 300 places d’urgence [soient débloquées] comme cela du jour au lendemain alors qu’il y a 1 million et demi de foyers Français qui attendent un logement social."

Depuis que le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD) a évalué le nombre théorique à 77 310 de logements sociaux qui seraient libres et donc disponibles pour loger des réfugiés, la classe politique s’emballe et les citoyens – surtout ceux qui attendent une place dans un logement social – ne comprennent pas.

Pas de demande de location depuis au moins 3 mois

Pour bien comprendre donc, il faut d’abord savoir ce que cela recouvre. "Ces logements vacants existent principalement dans les petites et moyennes villes, dans lesquelles il n’y a pas de demande de location depuis au moins trois mois", insiste auprès de 20 minutes René Dutrey, secrétaire général du HCLPD. Sur ces 77 310 logements vacants, le HCLPD suggère d’en consacrer "une partie" aux réfugiés en définissant "des critères et des conditions d’accueil" et en procédant "à une répartition géographique équilibrée [pour parvenir] à une intégration harmonieuse de ces populations."

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Quant aux critiques sur le fait que les réfugiés passeraient devant des Français précaires dans l’obtention d’un logement social, Marie Aleth Grard, vice-présidente d’ATD-Quart Monde, tempère ces accusations : "Il ne s’agit pas d’opposer la guerre à la misère. Cela peut être une formidable opportunité pour développer un élan de solidarité et des possibilités de logements que nous savons possibles."

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