Deuxième boite noire, motivations du co-pilote, vidéo des derniers instants… une dizaine de jours après le crash de l’A320 de Germanwings dans les Alpes, plusieurs points restent à éclaircir.

Le 24 mars, le vol 4U9525 de Germanwings s’est crashé dans les Alpes. Aucun des 150 passagers et membres d’équipage n’a survécu. Une dizaine de jours après ce terrible drame, une piste semble se dessiner. Le co-pilote de 28 ans, Andreas Lubitz aurait provoqué l’accident.

Les motivations d’Andreas Lubitz

Mais cette hypothèse demande encore à être confirmée. Même si plusieurs éléments semblent aller dans ce sens, d’autres nécessitent davantage de recherches. C’est notamment le cas pour les raisons qui auraient poussé le jeune Allemand à commettre ce crime. Selon les informations dévoilées par les enquêteurs, Andreas Lubitz a souffert d’un épisode dépressif grave il y a quelques années. Il en a même fait une autre en 2014. Un arrêt maladie a par ailleurs été trouvé à son domicile, précisant qu’il n’aurait pas dû travailler le jour du drame. Le co-pilote avait visiblement omis d’en informer son employeur.

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Certains médias d’outre-Rhin ont cependant avancé qu’il souffrait également d’une déficience visuelle. Une raison qui aurait pu compromettre son rêve de devenir commandant de bord, causer une nouvelle dépression et peut-être le conduire à vouloir mettre fin à ses jours. Une hypothèse confirmée par son ex-petite amie mais écartée par le porte-parole de Germanwings. "Un tel problème n'aurait pas pu nous échapper lors de la visite médicale annuelle que Lubitz a subi l'été dernier", a-t-il assuré au JDD.

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Un autre élément aurait éventuellement pu donner lieu à un nouvel épisode dépressif chez le jeune homme : sa rupture avec dernière petite-amie. Selon Bild, cette dernière lui aurait annoncé son intention de le quitter la veille du drame, alors même qu’elle était enceinte de lui et qu’ils prévoyaient de se marier. Encore une fois, cette piste demande à être vérifiée. Aussi, à la culpabilité d’Andreas Lubitz succède toujours un point d’interrogation. D’autant qu’à ces prétendues motivations qui demeurent incertaines, s’ajoutent le fait qu’aucune lettre expliquant son geste n’a été trouvée et qu’il est resté étrangement silencieux pendant tout le temps où il s’est enfermé dans le cockpit.

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Le contenu de la seconde boîte noire ?

Mais si les enquêteurs semblent s’orienter sur la piste du co-pilote dépressif et aux tendances suicidaires, un problème technique peut toujours être envisagé. En effet, la seconde boîte noire vient tout juste d'être découverte. Et alors que la première qui a été retrouvée contenait les enregistrements sonores du cockpit, la seconde contient, elle, les enregistrements de paramètres. On ignore encore dans quel état est ce boîtier et quand ses précieuses informations pourront être exploitées. Mais une chose est sûre : son analyse permettra de renseigner les enquêteurs sur un éventuel problème technique. Ce dernier pourrait ensuite s’ajouter ou se substituer à l’hypothèse d’un suicide du co-pilote.

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La vidéo des derniers instants

Mardi soir, Bild et Paris Match ont tous les deux annoncé avoir pu visionner une vidéo tournée dans l’A320 quelques minutes avant le crash. Selon eux, cette vidéo aurait été réalisée avec un téléphone portable ensuite retrouvé parmi les débris de l’appareil. Une information "formellement démentie" par les gendarmes mobilisés sur cette affaire. Les téléphones portables qui ont été retrouvés parmi les débris de l’appareil n’ont pas "encore été exploités", a affirmé sur CNN le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini, ajoutant qu’ils doivent prochainement être envoyés pour analyse à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Rosny-sous-Bois, près de Paris. Aussi, si des téléphones ont bel et bien été retrouvés sur les lieux du crash, rien ne permet pour le moment de déterminer avec certitude s’ils sont exploitables ou non. L’authenticité de la vidéo que les deux médias français et allemand assurent avoir visionnée paraît donc discutable. D’autant que l’avion a explosé et que sa carcasse ainsi tout ce qui se trouvait à son bord ont été pulvérisés. En tout, plus de 4 000 pièces (débris et morceaux de corps) ont été trouvées sur les lieux du drame, rapporte Le Figaro.

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Dans le doute, le procureur de Marseille en charge de cette affaire Brice Robin a toutefois appelé toute personne qui disposerait d’une telle vidéo à la remettre aux autorités dans les plus brefs délais.

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