Bientôt une semaine après le crash de l’A320 de Germanwings, les enquêteurs semblent favoriser la piste d’un suicide du co-pilote. Pourtant, la seconde boîte noire de l’appareil n’a pas encore été retrouvée et pourrait bien livrer des éléments susceptibles de modifier le cours de l’enquête.

Le vol 4U9525 s’est crashé il y a bientôt une semaine dans les Alpes-de-Haute-Provence. En sept jours, les enquêteurs ont considérablement avancé. A tel point que la piste du suicide du co-pilote semble désormais privilégiée. Grâce aux enregistrements sonores contenus dans la boîte noire retrouvée sur les lieux du crash et aux perquisitions menées au domicile d’Andreas Lubitz, ceux-ci semblent en effet se diriger vers la conclusion que le jeune homme de 28 ans a voulu mettre fin à ses jours et précipiter avec lui les 149 personnes qui se trouvaient à bord de l’appareil. "On a un certain nombre d'éléments qui nous permettent d'avancer dans cette piste, qui est présentée comme une piste sérieuse, mais qui ne peut pas être uniquement la seule", a pourtant déclaré au Point le général Jean-Pierre Michel, un enquêteur français de la PJ en mission à Düsseldorf.

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Un problème technique également en cause ?

En effet, même si la piste du suicide semble très probable, la seconde boîte de l’appareil n’a pas encore été retrouvée. Et celle-ci pourrait bien apporter, elle aussi, son lot de révélations. Alors que la boîte noire qui a été retrouvée contenait les enregistrements sonores du cockpit, la seconde contient quant à elle les enregistrements de paramètres. Autrement dit, toutes les données du vol. A elles deux, les boîtes noires permettent d’ailleurs d’expliquer 90% des accidents. Aussi, si les enquêteurs parviennent à retrouver le deuxième boitier, ils seront en mesure de déterminer si l’avion a ou un non rencontré un quelconque problème technique. Un élément qui n’a pas encore pu être vérifié et qui ne peut donc pas être complètement écarté. Parmi les pistes évoquées à ce sujet, des experts interrogés par Le Figaro ont tous les deux évoqué un possible problème de "sonde d’incidence gelée". Une hypothèse renforcée par la pluie qui s’abattait sur Barcelone au moment du décollage de l’appareil.

Un éventuel problème technique pourrait ainsi s’ajouter au profil psychologique d’Andreas Lubitz ou même s’y substituer pour n’être plus que la seule et unique raison de ce crash.

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Si tel était le cas, il resterait cependant à déterminer pourquoi le jeune homme de 28 ans n’a pas dit un seul mot pendant toute la descente de l’appareil jusqu’à son explosion, et aussi pourquoi il n’a pas daigné ouvrir la porte du cockpit au commandant de bord qui lui hurlait de le faire.

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Andreas Lubitz souffrait de problèmes psychologiques. Son entourage a confirmé qu’il avait fait deux dépressions en 2009 et en 2014, et des documents médicaux retrouvés à son domicile révèlent même qu'il étant en arrêt maladie le jour du crash. Le Figaro rapporte par ailleurs que le jeune homme de 28 ans souffrait d’une déficience visuelle et que sa vue avait déjà baissé de 30%. De quoi sérieusement compromettre son rêve de devenir pilote et donc, nourrir sa dépression. "Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra", aurait-il un jour assuré à son ex-petite amie pour laquelle il ne fait aucun doute qu’il a voulu se tuer.

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