Dominique Cottrez est actuellement jugée aux assises du Nord pour avoir tué ses huit bébés. Alors qu’elle avait toujours prétendu avoir été victime d’inceste, elle vient de donner une nouvelle version.

Lundi, la troisième journée d’audience du procès de Dominique Cottrez a pris une tournure inattendue. L’ancienne aide-soignante de 51 ans avait jusqu’à présent justifié le meurtre de huit nourrissons parce qu’elle craignait qu’ils soient le fruit de relations incestueuses avec son père, Oscar Lempereur. Elle vient de démentir en affirmant n’avoir jamais été violée par son père, comme le rapporte Le Figaro.

"J’avais peur qu’ils soient de mon père"

En juillet 2010, Dominique Cottrez avait été arrêtée après la découverte de deux corps dans le jardin de son ancienne maison. "J’avais peur qu’ils soient de mon père", avait-elle indiqué pour justifier ses actes aux enquêteurs puis au juge d’instruction et enfin à la cour d’assisses du Nord où se tient son procès depuis jeudi.

Lundi en début d’après-midi, elle avait raconté les premiers attouchements qu’elle aurait subis à l’âge de 8 ans. "Ce sera notre petit secret", lui aurait alors dit son père. Puis les agressions sexuelles seraient devenues de plus en plus fréquentes à l’adolescence jusqu’au prétendu viol dans un champ alors qu’elle est âgée de 15 ou 16 ans.

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En 1985, elle s’est mariée et a donné naissance à sa première fille deux ans plus tard. "Je me sentais seule, je me suis rapprochée de mon père. J'ai ressenti des sentiments amoureux. J'étais amoureuse, consentante", avait-elle confié aux juges. Leur relation incestueuse aurait duré jusqu’en 1993. Dominique Cottrez avait alors expliqué que son père savait qu’elle était enceinte.

Sauf que lundi après-midi, l’avocate générale Annelise Cau a noté des incohérences dans les dates, les infanticides ayant eu lieu entre 1989 et 2000. "Si les rapports s’arrêtent en 1993, comment pouvez-vous dire que vous aviez peur qu'ils soient de votre propre père ?", lui a demandé l’avocate générale.

"Je n'ai pas été violée par mon père. Il ne m'a pas touchée"

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"Il vous a violée ou il ne vous a pas violée ?", l’a ensuite interrogé son avocat, maître Frank Berton. La quinquagénaire a alors répondu par la négative, ce qui a conduit la présidente du tribunal à suspendre l’audience pendant un quart d’heure. A la reprise du procès, Dominique Cottrez a fait savoir : "Je n'ai pas été violée par mon père. Il ne m'a pas touchée".

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