Des températures au-dessus des normales de saison et un soleil au beau fixe se sont emparés de l’Hexagone depuis quelques jours. Au point que cet hiver est même l’un des plus doux enregistrés depuis 1946. Une météo, certes très agréable, mais qui pourrait avoir des conséquences négatives dans les mois à venir. "Pour l’instant tous les éléments sont là pour que l’on ait un été à moustiques", prévient Stéphane Robert, le fondateur du site Vigilance-moustiques.

Planet : Les températures douces de cet hiver ont-elles d’ores et déjà des conséquences sur les moustiques ?Stéphane Robert: "Nous n’avons pas d’infos sur toute la France car il est encore un peu tôt. Mais ce qui est certain c’est que la saison des moustiques, qui commence généralement début avril, a démarré cette année avec 2 à 3 semaines d’avance.

Planet : Les moustiques sont donc déjà de sortie ?Stéphane Robert : Oui, certaines larves qui étaient jusqu’à présent en rythme d’hiver ont profité des températures douces pour se transformer en moustiques. Il y a également des moustiques femelles qui, jusqu’à présent hivernaient dans les garages et greniers, et qui sont elles aussi sorties de leur état léthargique. Si les températures restent douces dans les jours à venir, celles-ci vont commencer à pondre. Et leur nombre d’œufs pourra passer de 20 à 200 en fonction de s’il elles arrivent à piquer des humains. Apparemment des personnes se sont déjà plaintes dans le Var et les Bouches-du-Rhône… Il y a par ailleurs une autre sous-catégorie de moustiques, lesquels vivent en milieu urbain, dans les vides-sanitaires généralement. Ce sont des moustiques autogènes dont les œufs ont été pondus sans que la mère ait eu besoin de piquer. Conséquence ou pas de cette particularité, ils deviennent très agressifs une fois adultes. En effet, ils piquent beaucoup et leurs piqûres sont très douloureuses.

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Planet : La saison a déjà commencé, doit-on donc s’attendre à une invasion de moustiques cet été ?Stéphane Robert: Pour l’instant tous les éléments sont réunis pour que ce soit le cas. A l’heure actuelle nous sommes toutefois incapables d’affirmer que l’été 2014 rimera avec une forte concentration de moustiques. Il ne s’agit pour l’instant que d’une probabilité au vue des éléments avant-coureurs que nous constatons. Après tout, nous ne sommes pas à l’abri d’un rafraîchissement brutal des températures.. Planet : Que se passerait-il si le mercure venait à chuter prochainement ?Stéphane Robert : Si les températures venaient à baisser autour de 10°C, le processus des larves serait ralenti. En revanche, si le mercure venait à approcher 0°C, le processus serait complètement interrompu et les larves devraient ensuite attendre que le beau revienne pendant au moins 10 jours pour le reprendre".

Vidéo : Une piqûre de moustique vue au microscope