Présents après les attentats de janvier à Paris pour protéger diverses personnalités, ces "anges gardiens" sont de plus en plus sollicités. 

A la suite de menaces de mort reçues par SMS, Samia Ghali, sénateur PS des Bouches-du-Rhône, a été placée sous protection policière, selon Le PointLe ministère de l’Intérieur a dépêché six policiers de la protection au service de l’élue.

Récemment encore, le vice-président du Front national, Florian Philippot, demandait ardemment une protection policière, se sentant menacé après que le Qatar a porté plainte contre lui. Cependant, le ministère de l’Intérieur a opposé un refus catégorique, estimant que l’évaluation des menaces, qui "procède de critères normés et uniformes", n’a pas conclu à un danger immédiat. 

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Une unité de plus de 700 policiers

Comment fonctionne précisément ce service spécial de la police ? En France, c’est le Service de la protection (SDLP) – anciennement SPHP pour Service de Protection des Hautes Personnalités – qui assure la surveillance et la protection des personnalités ainsi que leur domicile. Rattachée au ministère de l’intérieur, cette unité de plus de 700 policiers assure la protection des officiels (présidents, ministres, etc.) comme des personnalités françaises ou étrangères. 

Le SDLP décide de l’ampleur de la protection à fournir à la personnalité en fonction de l’évaluation de la menace qui pèse sur elle. Le premier échelon consiste en un policier muni d’un pistolet automatique, ensuite viennent deux policiers munis de pistolets mitrailleurs ; enfin, une voiture banalisée peut être également attribuée.

Une explosion des protections depuis les attentats

C’est au cours des attentats du 7 janvier dernier que leur rôle a été mis en lumière suite au décès de l’un des leurs, Franck Brinsolaro, garde-du-corps de Charb, l’ancien patron de Charlie Hebdo. Depuis, ces "anges gardiens" sont semblent-ils épuisés du nombre de personnalités à surveiller que l’Uclat (Unité de coordination de la lutte antiterorrisme) juge nécessaire de protéger.

Selon le Huffington Post, le nombre de personnalités placées sous protection a explosé ces derniers temps. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la demande ne vient pas forcément de la personnalité qui, à l’instar du journaliste Éric Zemmour, peut subir cet état de fait. "Je suis placé sous protection policière depuis l'attentat à Charlie Hebdo, avec deux policiers qui me suivent partout. Je ne l'ai pas demandé. Je subis ça, c'est tout", a-t-il confié à l'AFP, précisant ne pas avoir "reçu directement de menaces".

En 2010, la Cour des comptes dénonçaient des "missions de confort"

Avant les attentats de janvier, les policiers du SDLP dénonçait déjà leur condition de travail, relevant une surenchère de missions de plus en plus  "people", comme la protection du chroniqueur Aymeric Caron. En 2010, un rapport de la Cour des comptes épinglait l’utilisation abusive du service de protection pour les personnalités et préconisait de réduire les dépenses de cette unité en supprimant les "missions de confort". Le coût est en moyenne de 71 879 euros par an et par policier, selon ladite étude.

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Le cas de Michel Charasse, membre du Conseil constitutionnel, faisait alors polémique. Un membre du SDLP expliquait alors au Parisien : "En réalité, il bénéficiait comme d'autres d'un système perverti qui permet à quelques personnes de bénéficier d'une protection de confort, mais qui n'a rien à voir avec les missions du SPHP (ex SDLP)".

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