Mercredi, le président a fait savoir lors de l'hommage national à Simone Veil aux Invalides qu'elle et son époux entreraient bientôt au Panthéon. Le point sur le protocole désormais enclenché. 

Mercredi, la Nation rendait hommage à Simone Veil au cours d'une cérémonie aux Invalides. Pendant son discours, le président Emmanuel Macron a fait une annonce forte. "J'ai décidé, en accord avec sa famille, que Simone Veil reposerait avec son époux au Panthéon" pour lui témoigner "l'immense remerciement du peuple français à l'un de ses enfants tant aimés", a déclaré le chef de l'Etat.

L'occasion de s'intéresser au déroulement de cette cérémonie à venir. Tout d'abord, il faut savoir que depuis l’instauration de la Ve République, c’est le chef de l’Etat qui a le pouvoir d’ordonner une panthéonisation. Mais plusieurs systèmes ont existé par la passé. Lors de la toute première panthéonisation, en 1791, c’est l’Assemblée constituante - l’Assemblée nationale de l’époque - qui avait le pouvoir de faire entrer quelqu’un au Panthéon. Puis sous le règne de Napoléon Ier, c’était naturellement l’Empereur qui ordonnait les panthéonisations. Sous les IIIe et IVe République, la décision revenait à nouveau aux députés.

L'entrée au Panthéon d'une personnalité ne requiert aucun critère précis, sauf celui d’être décédé. Si le président décide seul au final, il doit cependant requérir l'assentiment de la famille. Ainsi, en 2009, alors que Nicolas Sarkozy avait proposé de faire entrer Albert Camus au sein de la nécropole nationale, la famille de l'écrivain s'y été opposé. 

Simone Veil, cinquième femme à entrer au Panthéon

En entrant au Panthéon, Simone Veil rejoindra les 75 personnalités déjà inhumées dans le "temple des grands hommes", et sera la cinquième femme à y reposer.

Son entrée au Panthéon dépend maintenant du président qui doit signer un décret ordonnant la panthéonisation de la réscapée de la Shoah et de son mari. Ensuite, comme l'explique Le Monde, au moins deux mois de préparatifs sont nécessaires pour l'organisation de l'événement, qui suit un protocole bien établi et consiste en une cérémonie très millimétrée. Généralement, le cercueil est porté en cortège. Celui-ci remonte la rue Soufflot jusqu'au parvis du temple national, où des musiques sont jouées et où le président de la République prononce un discours, suivi parfois d'autres interventions.

Les dernières personnes à avoir rejoint le temple des grands hommes sont les Résistants Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay.

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Mais entrer au Panthéon ne signifie pas toujours le repos éternel. Plusieurs exemples montrent que l’on peut tout à fait sortir du Panthéon. C’est le cas du tout premier panthéonisé. En 1791, la dépouille de Mirabeau reposait dans la nécropole du Panthéon mais a été retirée quelques années plus tard lors des révélations sur sa correspondance avec le roi Louis XVI.

Vidéo sur le même thème : Emmanuel Macron annonce que Simone Veil reposera au Panthéon

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