Un journaliste du magazine "Que choisir" a fait le point sur les avantages octroyés aux salariés de la compagnie ferroviaire. En dix ans, les augmentations salariales ont par exemple davantage crû que dans le privé. 

Après l’histoire retentissante du cadre de la SNCF payé 5 000 euros par mois à rester chez lui depuis douze ans, le journaliste Erwan Seznec du magazine Que choisir a mené sa petite enquête sur les avantages dont bénéficient les salariés de la compagnie ferroviaire.

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Le journaliste a fait un premier constat, pour le moins étonnant : "Année après année, et malgré les réductions d’effectifs, la masse salariale y progresse nettement plus vite que le nombre de voyageurs transportés." Ainsi, en 2003, 178 000 cheminots "se sont partagé" 7,7 milliards d’euros, c’est-à-dire 43 260 euros par salarié. Et dix ans plus tard, en 2013, alors qu’ils n’étaient plus que 152 000, "ils ont touché" 9 milliards d’euros, soit 59 200 par tête.

Les augmentations salariales ont crû davantage que dans le privé

A noter qu’entre ces deux dates, les augmentations de salaires se sont établies à un niveau annuel de 2,5 % en plus de l’inflation, "soit 4,25 % nets par an, quatre fois plus que dans le privé au cours de la même période !", note Le Point. Même les cadres sont en inflation à la SNCF : d’un cadre pour 6,8 agents en 2003, le ratio est passé à un cadre pour 4,2 agents en 2013. Selon un rapport interne de septembre 2014, ces promotions ont été utilisées "comme moyen d’augmentation salariale individuelle".

De nombreuses primes d’une complexité folle

L’enquête du journaliste pointe aussi les primes "statutaires" très nombreuses et très complexes dont bénéficient les cheminots sous statut. Ainsi, "la grille 2014 comporte neuf niveaux pour l'indemnité mensuelle informatique, plus de quinze niveaux d'allocations de déplacement, trente sortes d'allocations mensuelles forfaitaires pour défaut de logement", etc. A ces primes s’ajoutent plusieurs avantages comme de meilleures retraites ou des billets gratuits à vie pour la famille du salarié.

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Le Point note que la SNCF coûte chaque année l’équivalent de plus de 1 000 euros à tous les contribuables français et que la compagnie ferroviaire, en plus des 12 milliards d’euros de subventions annuelles, "traîne une dette globale de 44 milliards d’euros, et cette dette augmente automatiquement d’un milliard par an", à cause des intérêts.

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