Selon le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, "un accident majeur ne peut pas être exclu aussi bien au Japon qu’en Europe". En France, le vieillissement du parc inquiète.

Trente ans jour pour jour après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) et un peu plus de cinq ans après celle de Fukushima (Japon), la France s’interroge sur son parc nucléaire vieillissant.

En janvier dernier, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre Franck Chevet, déclarait en conférence de presse qu’un accident dans un réacteur était tout à fait possible. Interrogé par Métronews, ce dernier maintient ses propos : "Un accident majeur ne peut pas être exclu aussi bien au Japon qu’en Europe."

"Le risque d’accident est très fort car les centrales vieillissent"

En France, la vétusté du parc nucléaire est ainsi pointée du doigt par les associations écologistes. "Le risque d’accident est très fort car les centrales vieillissent, et plus les centrales vieillissent plus le risque est fort", souligne l’eurodéputé écologiste Michèle Rivasi, fondatrice de la Commission de recherche et d’informations indépendantes sur la radioactivité (Crii-rad).

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Comme l’indique Métronews, sur les 58 réacteurs nucléaires français, 33 ont plus de 30 ans. Un âge qui pourrait être prolongé jusqu’à 50 ans par le ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, à la demande d’EDF dans les prochaines semaines. "En France, les deux tiers des réacteurs vont avoir plus de 30 ans, l’âge pour lequel elles ont été fabriquées au départ. Or, on est confronté quasi quotidiennement à des accidents dits ‘sans conséquences’ dans les centrales nucléaires", indique au quotidien Martial Chateau, professeur de physique à la retraite et administrateur du réseau Sortir du nucléaire.

Plusieurs incidents ces derniers temps

Il faut dire que les accidents dans les centrales nucléaires françaises ne sont pas rares : en octobre 2015, un incendie a eu lieu à la centrale de Chinon (Indre-et-Loire), en avril 2016, un générateur de 465 tonnes est tombé à l’intérieur de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), sans oublier les micro-fissures sur les cuves de dix réacteurs nucléaires français, comme l’indiquait Le Monde en 2012.

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Mais pour Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la CGT Mines Energie, pro-filière nucléaire, "le vieillissement est un faux problème. Il faut qu’on donne les moyens financiers à l’Autorité de sûreté et à EDF qui fait face à des investissement très importants".

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