L'ex-patron de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac, a été condamné à un an de prison ferme par le parquet de Paris entre autres pour abus de confiance et travail dissimulé.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce lundi Denis Gautier-Sauvagnac à trois ans de prison dont deux avec sursis dans l'affaire de la "caisse noire" de la fédération patronale. L'ancien dirigeant de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) devra également verser une amende de 375 000 euros. Dès l'annonce du jugement, son avocat a annoncé son intention de faire appel.

Les faits repprochés

L'affaire débute en octobre 2007 lorsque Le Figaro a évoqué dans un article un signalement de la cellule antiblanchiment du ministère de l'Econonie au parquet de Paris. Cette note concernait d'importants retraits en liquide de la part de la fédération patronale. Entre 2000 et 2007, l'UIMM a retiré environ 16,5 millions d'euros de sa "caisse noire". Ce fond était en fait destiné à soutenir les entreprises adhérentes de l'union qui subissaient un conflit social.

Si la justice ignore a qui ces millions d'euros ont été versés, Denis Gautier-Sauvagnac, patron de l'UIMM jusqu'en 2007, a qualifié ses versements de "compléments de salaires" ou de "frais de réception" lors de son audition. Durant ces six années d'instruction, 2007 à 2013, les membres de l'UIMM ont gardé le silence.

"Syndicalisme bashing"

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L'avocat de Denis Gautier-Sauvagnac a assuré lors de sa plaidoirie la culpabilité de certains syndicats. "Si les damnés de la terre apprenaient que leurs dirigeants syndicaux touchent de l'argent des patrons, l'Internationale leur resterait dans la gorge !", avait-il affirmé. Dans une interview accordée au journal Le Monde Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a qualifié ces propos de "syndicalisme bashing", soit de dénigrement des syndicats.

Vidéo sur le même thème : un témoin raconte à quoi servait la "caisse noire"

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