Alors que la polémique sur le port du burkini sur les plages ne cesse de croître, on fait le point sur ce qui est autorité ou non sur le territoire national.

Depuis le début de l'été, c'est la polémique qui agite la France : le port du burkini sur les plages. Une vingtaine de communes ont pour l'instant interdit le port de cette tenue de bain islamique qui recouvre entièrement le corps (sauf le visage). Les premières verbalisations se sont plus ou moins bien passées. 

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A Nice, les images d'une femme habillée d'une tunique à manches longues et d'un voile sur la tête ont fait le tour du monde. On pouvait voir sur les clichés la femme être obligée d'enlever sa tunique, sous la pression de policiers municipaux. 

Mais que dit la loi sur le port des différents vêtements islamiques ? 

Le burkini : interdit sur certaines plages 

Depuis le mois d'août de cette année, une vingtaine de municipalités - de Corse jusqu'au Nord - ont décidé d'interdire le port du burkini sur leur plage. Sur les arrêtés municipaux, il est écrit que toute personne doit avoir "une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et du principe de laïcité". En revanche, le mot "burkini" n'est pas écrit noir sur blanc. Mais ces arrêtés visaient implicitement ce vêtement islamique.

Plusieurs tribunaux ont validé les arrêtés émis par les maires. Mais à la suite de recours d'associations, le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative, s'est saisit du sujet et devait rendre uen décision jeudi après-midi.

Le voile intégral (burqa et niqab) : interdit en public

La France a interdit le port de la burqa par une loi en 2010 qui interdit "la dissimulation du visage dans l'espace publique", c'est-à-dire dans la rue, mais aussi les transports, commerces, bâtiments administratifs, etc. Sont ainsi interdits le niqab, voile intégral masquant le visage à l'exception des yeux, et la burqa, voile intégral avec une ouverture grillagée pour les yeux.

La loi prévoit jusqu'à 150 euros d'amende pour les contrevenantes. En cinq ans, un peu plus de 1 500 procès-verbaux ont été dressés.

Le hidjab : partiellement autorisé

Depuis la loi de 2004, "dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit". Cette interdiction du voile (mais aussi des croix et kippas) fait suite à plusieurs années d'atermoiements depuis l'"affaire de Créteil" en 1989, où trois adolescentes avaient été exclues de leur collège pour port du voile. Si le voile est interdit dans les collèges et lycées, il est en revanche autorisé à l'université. Toutefois, sa possible interdiction revient souvent dans le débat public. 

En mai 2015, suite à l'affaire de la crèche "Baby Loup", les députés ont voté le principe de "neutralité religieuse" dans les structures accueillant des enfants de moins de 6 ans. 

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Enfin, dans le monde du travail, la question de l'interdiction du port du voile n'en finit pas d'agiter les débats. Si le voile est interdit dans la fonction publique, dans les entreprises, la question n'est encore pas tranchée. Théoriquement, au nom de la liberté religieuse, le port de signe religieux ne devrait pas être interdit. Mais plusieurs employeurs se sont manifestés contre cette liberté religieuse, notamment quand cela pouvait nuire à leur activité commerciale ou provoquer des tensions au sein de leur entreprise. Un manque de clarté juridique qui amène souvent les hautes juridictions (Cour de cassation, Cour européenne) à devoir statuer, au cas par cas.

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