Le propriétaire d’une épicerie musulmane située dans un quartier populaire de Bordeaux a récemment proposé d’instaurer la non-mixité dans son magasin. Une initiative qui a provoqué un tollé.

En décidant d’instaurer des horaires distincts pour les hommes et les femmes, le patron de cette épicerie musulmane ne se doutait pas des réactions qu’il allait provoquer. A la tête du  magasin "De l'Orient à l'Occident" situé dans un quartier populaire de Bordeaux depuis un mois, Jean-Baptiste Michalon vouait initialement répondre à une demande. "Nous avions mis cela en place à la demande des ‘sœurs’, qui préféraient quand ma femme est derrière le comptoir (…) C’est un magasin où i y a des vêtements", a-t-il expliqué au Télégramme. "Cela s’adressait à un public averti, qui sait que notre pratique de la religion n’autorise pas la mixité. Ce n’est pas une obligation, chacun fait ce qu’il veut", a-t-il ajouté.

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Une pratique interdite par la loiAussi et jusqu’à lundi soir,  pouvait-on lire sur une affichette collée sur la vitrine du magasin : "Les frères : le lundi, mardi, mercredi et vendredi. Les sœurs : le samedi, le dimanche", rapporte Sud-Ouest. Une initiative qui a rapidement été relayée dans la ville et a suscité une vague de critiques. C’est un "comportement en totale contradiction avec les règles républicaines d'égalité et de mixité", a déploré le maire de la ville, Alain Juppé (Les Républicains) dans un communiqué. Et l’édile d’appeler les "autorités compétentes à se saisir de ce dossier, afin de faire cesser de telles pratiques discriminatoires et d'appliquer les mesures que prévoit la loi en de telles circonstances". Un avis partagé par la conseillère régionale PS et présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, Naïma Charaï.

"On n'a jamais vu ça à l'époque du Prophète ! Les marchés étaient mixtes. Ça me paraît un peu bizarre dans un monde où la mixité est une culture établie", a de son côté déploré le grand imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, rapporte Le Télégramme.

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Face au tollé provoqué par son initiative, Jean-Baptiste Michalon a même décidé de la retirer. Après avoir "découvert" que cette pratique était totalement illégale, le commerçant a même décidé de  faire machine-arrière et faire de son magasin un lieu mixte. En cas de délit de discrimination aggravée, le code pénale prévoit en effet jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

 Voir le reportage de BFM TV sur le sujet :