Un ancien proche de Bernard Tapie affirme que l’homme d’affaire a déclaré au soir de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 « Ça y est j’ai les sous ! ». Des propos fermement démentis par l’intéressé.

Dans une interview accordée au quotidien Sud Ouest, parue ce jeudi, Benoît Bartherotte affirme que Bernard Tapie s’est réjoui en apprenant la victoire de Nicolas Sarkozy au soir de l’élection. « En 2007, le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy, on l'a tous vu exulter : « ça y est, j'ai les sous ! » » a déclaré cet ancien proche de Bernard Tapie. Selon lui, l’homme d’affaires « semblait sûr de lui, l'avenir a prouvé qu'il avait raison, mais à court terme ». « Ce type dit n'importe quoi sur moi »Benoît Bartherotte va même plus loin, estimant qu’un accord aurait passé entre l’homme d’affaires et l’ancien chef d’Etat. « Nous savons que les voix du Seigneur sont impénétrables, mais tel que je le connais, il aura su promettre un arrangement électoral, comme par exemple se présenter à une élection pour bloquer la gauche à un moment décisif » ajoute-t-il. « Le problème aujourd’hui ne viendrait-il pas du fait que le contrat n’a pas été rempli ? » Des propos qui ont fait bondir Bernard Tapie, qui s’est aussitôt empressé de démentir. « Ce type dit n'importe quoi sur moi » a déclaré Bernard Tapie.

Tapie « incontestablement » victime du Crédit Lyonnais« Le soir de l'élection de Sarkozy, j'étais chez moi, avec mes parents, mes enfants, et sauf si ce monsieur était caché dans un placard à balais, je ne vois pas comment il a pu entendre ce que je disais ce soir-là » a-t-il indiqué. « Que les médias reprennent cette info-là pour en faire une info majeure, ça prouve qu'on est en train de changer de monde » a-t-il aussi regretté. Pourtant Benoît Bartherotte, s’il avoue avoir eu quelques démêlés avec lui, estime que Bernard Tapie a « incontestablement » été victime du Crédit Lyonnais. « Pour racheter Adidas, Tapie n’a pas d’argent » explique Bartherotte. C’est la banque, via une filiale, qui lui avance une grosse partie de la somme, et « lorsque Bernard Tapie revend, c’est le Crédit lyonnais qui rachète l’entreprise, via ses filiales planquées dans des paradis fiscaux. Les plus-values réalisées ensuite […] seront donc encaissées dans les paradis fiscaux » indique-t-il.

Publicité
Une décision de justice « logique mais scandaleuse » A l’arrivée, c’est Bernard Tapie c’est a payé « alors que cette banque publique avait fait tout et n’importe quoi avec l’argent du contribuable » estime Benoît Bartherotte. Pour autant, la décision de la justice n’est pas incompréhensible. « Elle est logique mais scandaleuse : les turpitudes du Lyonnais ne font pas la vertu de Tapie, car contrairement aux petits porteurs, ce n’est pas son argent que Tapie avait risqué dans Adidas, mais surtout celui du contribuable » rappelle-t-il. Des propos qui tombent, hasard du calendrier ou non, au lendemain de la mise en examen dans cette affaire de Stéphane Richard, actuel patron d’Orange et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, « pour escroquerie en bande organisée ».  

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour :