Près de 32 millions de bouteilles de Beaujolais nouveau 2013 sont attendues pour fêter l’arrivée de ce vin primeur le 21 novembre. Un an après une récolte historiquement faible, comment sera celle de cette année ? Eléments de réponses avec Georges Duboeuf, le plus grand négociant de cette région.

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Planet : La récolte de 2012 a été historiquement faible. Comment s’annonce celle de cette année ?Goerges Duboeuf : "L’année dernière a vraiment été marquée par une petite récolte mais heureusement cette année l’on devrait se rattraper.  Chaque producteur devrait pouvoir récolter entre 42 et 50 hectolitres par hectare contre 28 à 30 en 2012. Quant à la qualité, elle ne sera pas en reste et devrait même être excellente. En effet, malgré un printemps plutôt moche, nous avons eu la chance d’avoir des mois de juillet et août relativement beaux et chauds, ainsi qu’un mois de septembre magnifique. Grâce à cela, le Beaujolais nouveau 2013 promet d’être équilibré, gourmand et croquant. On devrait par ailleurs y retrouver des senteurs de mûre, de cassis et de myrtille.

Planet : Le Beaujolais nouveau 2013 comptera-t-il parmi les meilleurs ?Georges Duboeuf : Non, pour moi la plus belle année reste indéniablement 2009. Mais 2013 fera néanmoins partie des plus belles. Le Beaujolais nouveau 2013 est un millésime remarquable qui, d’après moi, rassemble un peu de deux très belles années qu’étaient 2005 et 2011.

Planet : Les vendanges ont commencé plus tard cette année. Comment cela s’est-il traduit sur votre domaine ?Georges Duboeuf : Si l’on prend la moyenne des dix dernières années, les vendanges ont commencé avec près de trois semaines de retard. Et comme la date d’arrivée du Beaujolais ne change jamais, il nous a fallu nous adapter. Concrètement, cela a demandé beaucoup de travail et une réorganisation. A quelques jours du 21 novembre, nous travaillons d’ailleurs encore à pied d’œuvre. Compte tenu des délais de livraisons pour l’exportation, les premières bouteilles qui ont été sorties il y 15 jours-3 semaines ont été envoyés en Russie et au Japon. L’objectif étant que nous soyons fin prêts dans les temps et que tous nos clients, français ou étrangers, aient leur Beaujolais nouveau jeudi prochain.

Planet : Vous êtes surnommé le ‘Pape du Beaujolais’, pourquoi ?Georges Duboeuf : Je ne suis ni le pape ni le roi du Beaujolais. Mais il est vrai que j’ai toujours travaillé pour ce vin et que j’ai toujours cherché à le défendre et à la promouvoir. Il y a 20 ou 30 ans, j’ai d’ailleurs fait partie des principaux acteurs de sa médiatisation et ce, notamment grâce aux amis que j’avais dans le milieu du journalisme et qui m’ont aidé à en parler à l’échelle nationale. Mon objectif est que le Beaujolais nouveau soit un vin synonyme de fête et de convivialité. Alors qu’il se déguste chaque année le troisième jeudi de novembre, j’aimerais qu’il devienne le brin de muguet de cette période un peu triste.

Planet : Aujourd’hui, ce vin primeur connaît une renommée internationale. Quels sont les pays qui en sont le plus friands ?Geroges Duboeuf : Un quart de la production de Beaujolais nouveau est écoulée en France, le reste se répartissant entre quelque 120 autres pays. Parmi ces derniers, les Etats-Unis sont en tête. Viennent ensuite le Japon et la Russie. Nous essayons par ailleurs de toucher l’Asie et principalement la Chine, la Corée et le Vietnam.

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Planet : Idéalement, comment et avec quoi doit-on déguster le Beaujolais nouveau ?Georges Duboeuf : Le Beaujolais nouveau est un vin facile à marier qui accompagne très une viande ou une assiette de charcuterie.  Il faut cependant veiller à ne pas le servir trop froid. En dessous de 17-18°C, il sera en effet plus dur, comme recroquevillé et peinera à exprimer tous ses arômes".

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