Passé à tabac par des jeunes qui en voulaient à son téléphone portable, un curé d’Avignon a passé une nuit à l’hôpital. Une agression qui a profondément choqué la communauté et suscite déjà des tensions quant aux auteurs de cette démonstration de violence.

Le Père Grégoire, curé dans le quartier de Saint-Rufainsi à Avignon, se trouvait dans l’enceinte de sa communauté de Saint-Jean lorsqu’il a été violemment agressé, lundi soir, par quatre jeunes. Midi-Libre révèle que les agresseurs en voulaient visiblement à son téléphone portable. Le Père Grégoire ayant refusé de leur céder, ils l’ont alors roué de coups de poings et de coups de pieds, le laissant à terre, gisant sur le sol. Hospitalisé dans la nuit de lundi à mardi, il est rentré chez lui avec un nez cassé, le visage tuméfié et cinq jours d’incapacité temporaires de travail.

« Ces jeunes savent clairement qui nous sommes »Choqué, le Père Grégoire s’est confié ce matin sur les ondes de RTL. « J'étais en habits de religieux. Ces jeunes savent clairement qui nous sommes, ils n'ont aucun respect » a-t-il déclaré. « Ils m'ont tapé dessus sans tenir compte de l'habit ou de la fonction que je représentais ». Une agression qui a, selon Midi-Libre, profondément choqué la communauté de Saint-Jean. L’archevêque d’Avignon, Monseigneur Cattenoz, lui, dénonce le sentiment d’insécurité qui grandit depuis quelques temps dans le quartier. Il a dénoncé dès hier dans le Dauphiné une multiplication des vols, ajoutant que les membres de la communauté de Saint-Jean faisaient de plus en plus souvent l’objet de menaces. Pour lui, les auteurs de ces actes sont même connus : « Ce quartier est progressivement pris en main par des gens de religion musulmane » a-t-il déclaré.

Publicité
Certains évoquent un « acte de racisme »Du côté du Conseil régional du culte musulman de la région PACA, le message se veut apaisant. Le CRCM-Paca parle d’une « agression choquante et inqualifiable », et a fait part dans un communiqué de « son incompréhension et son indignation face à cette agression qui a visé un homme de paix devant un lieu de prière et de recueillement ». Les élus de la région ont eux aussi réagi à cette agression. Jacques Bompard, député-maire d’Orange, parle lui d’un « acte de racisme à l’égard d’un religieux catholique, qui est aussi la conséquence de la haine que propage un certain islamisme à l’égard de tout ce qui est français et chrétien ». Soucieux de calmer le jeu, le président du Conseil français du culte musulman ne veut toutefois pas non plus poser de conclusions hâtives. « Avant de mettre en avant l'appartenance religieuse de l'un ou de l'autre, il faudrait voir si l'agression était accompagnée de gestes et de paroles en rapport avec la religion. Lui donner une dimension religieuse me semble contre-productif » a indiqué Mohammed Moussaoui.  

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour : 

Publicité